musique

Grandaddy - Just like the Fambly cat

V2/warner

[4.0]

 

 

On inspire un bon coup, on renfrogne une larme sincère et on se lance: Ainsi donc just like the fambly cat n’est pas juste le nouvel album de Grandaddy. C’est aussi le dernier. Jason Lytle a abondamment relayé la nouvelle dans la presse musicale. L’ex-barbu et ses sbires ont décidé de jeter définitivement le gant à la sortie de l’enregistrement de ce nouvel opus. Modesto redevient une ville insituable sur la carte de Californie. Le clavier Tim Dryden, le bassiste Kevin Garcia et le batteur Aaron Burtch se retrouvent sans emploi, tandis que Lytle part s’installer dans un Montana qui sied à son besoin de nature. Les fans se retrouvent avec cinq albums (enfin quatre, parce qu’on ne peut pas franchement dire que le premier opus soit encore facile à trouver de manière licite), pour toute consolation.

 

Et pour conclusion, après un sumday qui nous laissait un peu sur notre fin après l’excellence de sophtware slump et la jouissance d’under the western freeway ; Grandaddy revient avec un roman-album dont le groupe a seul le secret. Ou avait, puisqu’il faut désormais parler à l’imparfait. Le fil rouge en est l’histoire de la disparition, de la perte, du chat de la famille Fambly (allégorie à peine camouflée du groupe en train de jouer son chant du cygne). Un chat qui provoque le manque, la tristesse de son absence, le souvenir, la mélancolie, la fin d’une amitié dévouée etc.

 

Un disque qui ne plaira pas forcément à tous ceux qui avaient adoubé The Sophtware slump pour sa capacité à mélanger une esthétique presque psyché, et en tous cas éthérée. Just like… se présente d’emblée comme un album somme des différents stades, ou passions, du groupe depuis ses débuts enregistrés en 1996. Soit un subtil mélange de rock/pop pur et dur caché derrière un mur de guitares qui rappelle à la fois Sonic Youth et Teenage Fanclub et des accalmies construites en petites touches ou en addition de strates très Beach Boys époque Pet sounds ou très Grandaddy époque sophtware. Les atmosphères s’entrechoquent de manière abrupte et risquent de hérisser certains auditeurs.

 

Par contre on ressent que tout le groupe est au taquet. Lytle chante de manière plus assurée que jamais. Grandaddy ne laisse rien au hasard. Les jeux de guitare sont assurés, les détails peaufinés. Et malgré un aspect global qui garde pourtant l’aspect lo-fi, surtout dans les murs du son tels Jeez Louise, on sent que les membres du groupe jouent comme s’ils ne voulaient pas démériter, comme s’ils voulaient démontrer qu’il reste encore quelque chose à dire malgré la rupture, comme pour prouver que voilà gâchées encore de belles histoires qui ne verront jamais le jour. Just Like the Fambly cat est l’album de clôture le plus réussi que nous ayons eu à entendre. Le plus authentique. Foin ici de chutes de studio ou d’album qui sent la volonté d’honorer son contrat. Non. Il s’agit bien d’un final en feu d’artifice. Un bouquet final qui rend hommage à la discographie du groupe en suçant en 60 minutes la substantifique moelle de ce qui fit l’ossature du groupe californien déjà regretté.

 

Denis Verloes

 

Tracklist :

01. What Happened

02. Jeez Louise

03. Summer… It's Gone

04. Oxygen/Aux Send

05. Rear View Mirror

06. The Animal World

07. Skateboarding Saves Me Twice

08. Where I'm Anymore

09. 50%

10. Guide Down Denied

11. Elevate Myself

12. Campershell Dreams

13. Disconnecty

14. This Is How It Always Starts

15. Shangri-La

 

Date de sortie : 9/05/2006

 

Plus+

Le site officiel de Grandaddy

L’ espace Myspace du groupe

La chronique de Sumday