musique

Polmo Polpo - Like hearts swelling    1/2

Constellation/chronowax - 2003

 

 

 

    Au départ, on jurerait avoir affaire à un nouveau titre de GYBE, et puis, plus le morceau avance, plus on semble s’éloigner de l’univers des désormais cultes canadiens. Moins démonstrative, moins lyrique que celle du big band de Montréal, la musique de Polmo Polpo se fait plus sourde, plus intimiste, plus cinématographique. Et même si elle fonctionne tout en progression lente et presque imperceptiblement, elle n’a au fond que peu de rapport avec celle de GYBE si ce n’est par le fait que les deux groupes sont canadiens et qu’ils sont signés tous les deux sur le label Constellation.

 

     Polmo Polpo est le projet de Sandro Perri musicien basé à Toronto. Composé seulement de 5 morceaux pour 47 minutes, like hearts swelling, son premier album, (que l'on pourrait traduire par "comme des cœurs qui battent" est un album plutôt minimaliste qui peut se comprendre comme un agencement discret de nappes de guitares avec des sonorités plus électroniques, accompagnées parfois par quelques instruments organiques tels que l'accordéon, une slide-guitar mais aussi des cordes.

 

    Très atmosphériques, les compositions de l'album se rapprochent presque plus de la musique électronique minimaliste tel que la conçoit par exemple un Tim Hecker que du post-rock traditionnel.

Sur le premier titre Romeo heart l’aspect minimaliste, expérimental et progressif de la musique de Polmo Polpo se fait particulièrement sentir. Tout commence par un bruit, comme une onde radio difficile à capter et sur laquelle viennent se greffer quelques violons lointains. ensuite viendront poser des nappes de guitares, apparaissant progressivement comme des vagues à la marée montante avec, en fond, un bruit sourd de plus en plus présent, de plus en plus menaçant, créant une ambiance post-apocalyptique très réussie.

 

    Sur la même modèle, le superbe est très planant Requiem for a fox parvient à faire mouche notamment grâce à des intonations maritimes bien senties et très évocatrices.

Farewell et Sky, histoire et like hearts swelling  nous maintiennent dans cette ambiance de haute mer avec des sonorités choisies et très imagées (sirène de paquebot, bruit des vagues, cloches et carillons, craquements et tintements divers...), et finissent de nous convaincre que cet album est bel est bien taillé pour le grand large.

 

    Après plusieurs écoutes et avec une imprégnation plus profonde à chaque fois, on se rend compte que Polmo Polpo a réussi un album minimaliste et subtil à la fois, avant tout basé sur les ambiances ; un album terriblement envoûtant, et qui, pour un peu, vous ferait prendre la mer sans que vous vous en rendiez compte.

Alors hissez les voiles matelot et en route pour le Canada !

 

Benoît