musique

The Isles - Perfumed lands

Melodic/La Baleine

[4.0]

 

 

Honnêtement, en préambule, on dira qu’on a jamais été fans du « retour »’ de Morrissey ces deux dernières décennies, que Vauxhall and I reste notre préféré du bonhomme en solo. Et à plus forte raison encore, on dira que des albums des Smiths on retient surtout the queen is dead ; pour son parfait mélange entre écriture chiadée, vie de lads, voix maîtrisée et immédiatement reconnaissable, recours aux artefacts insidieux de la pop, mélodies immédiates, rythmes accrocheurs.

 

Pourquoi évoquer Morrissey en débutant la chronique de l’album des New Yorkais de The Isles ? Parce que la parenté tient non pas de la référence, mais de l’évidence. Révérence est le mot adéquat. Au contraire d’un The Organ ou d’un Mozz nouvelle mouture, The Isles parvient à amener le son des Smiths à la découverte de ce nouveau siècle. Non en le copiant comme les artistes pré-cités, mais en le renouvelant, en lui donnant un petit air « so 2006 » qui fait immédiatement mouche sur l’auditeur qui, comme votre serviteur, ne voue pas un culte de l’intouchabilité vis à vis de l’icône mancunienne.

 

Au rayon des similitudes, on trouve la voix du chanteur, élevé à la lecture du parfait bréviaire de saint Morrissey, avec une certaine jeunesse qu’on ne reconnaît plus chez son initiateur. On y repère aussi un certain jeu de guitare dont émerge très fortement traité à l’aigu, le frotté de cordes rythmiques, soutien de la chanson. Smiths quoi….

 

Mais pas tout à fait que ça. Parce qu’il y a dans les compositions et dans leur traitement électrique aussi quelque chose de la surf music des Beach Boys. Cette manière de faire glisser une mélodie comme une évidence, en recourrant aux vertus groovantes d’une batterie maîtrisée et d’une basse qui a le sens du rythme. Il y a aussi, dans le jeu de la disto et de la saturation à peine perceptible de la guitare, quelque chose de la grande école ’90 s de la pop anglaise, avec des groupes comme Suede en illustration.

 

Alors, si à l’évidence, le son de The Isles n’est en rien une innovation dans la grande histoire de la musique, force est d’avouer que le groupe parvient à jouer à fond la carte de la référence sans tomber dans la seule application de moine copiste. Quelque chose qui tient, version musicale, du grand nettoyage de printemps de l’appartement des Smiths. Et franchement, les maîtres d’ouvrage réussissent leur pari.

 

Denis Verloes

 

Tracklist

01. Major Arcana

02. Our Kitchen Test

03. Flying Under Cheap Kites

04. Summer Loans

05. Hide Your Work

06. We Give A Receipt, We Take A Receipt

07. Tropical Lamby

08. Terraforming

09. Eve of the Battle

10. Post Nobles

 

Durée :32’04’

Date de sortie : juin 2006

 

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