musique

Anabel’s poppy day - Small songs for small people

Musicast/L’autre prod/Peelprod.

[3.5]

 

 

Anabelle Tahar a de la chance. Elle est née  à priori quelque part dans la seconde moitié du 20 e siècle. Une époque où on se lance en art armé d’un quatre pistes,  ou d’un ordinateur, plutôt qu’au travers d’expériences hallucinogènes sous LCD hippies. Tant mieux pour la famille d’Anabel. Tant mieux aussi pour l’auditeur qui se retrouve en présence de cet Anabel’s poppy day carrément barré, diablement inventif, un brin irritant, et follement inclassable.

 

Parce que quand il s’agit de décrire la musique de cette musicienne croisée sur Myspace (encore une !) le chroniqueur nage en plein embarras. Comment expliquer ça !  Rassurons d’abord nos parents : « non, nous ne sommes pas partis en goguette façon Las Vegas Parano ». Mais Anabel’s poppy day c’est un peu comme si Anabel et Coldcut partaient, bras dessus bras dessous, tirant derrière eux le quatre-piste de Sonic Youth, pour rejoindre Richard D. James dans la maison des Oumpa Loumpas de Tim Burton. Et oui, on sait, dit comme ça c’est une définition plutôt perturbante.

 

Mais franchement, on en trouve pas de meilleure pour décrire cette musique qui tire ses sources quelque part dans un univers de petite fille ou de manga, pille les codes de la techno bricolo d’Aphex Twin et s’amuse avec ses airs angéliques et fondamentalement pop, à abuser de formules enjouée ou juste rigolotes. Pour interroger notre habitude musicale. Ici les titres sont pléthoriques, les refrains se coupent en leur faîte, les couplets partent dans un sens puis sont ramenés dans un autre, ou encore finissent dès qu’ils ont commencé. Les voix sont des échos enfantins triturés, des instruments, de la matière sonore, traités à l’instar des bidouilles sonores qui sont par ailleurs usitées.

 

Etrange, barré, entraînant, autant qu’agaçant et déroutant. Et le pire c’est qu’on sait qu’avec ses 44 plages, Anabel cherche à provoquer la réaction de l’auditeur, le pousser dans ses derniers retranchements, le titiller dans ce qu’il aime et ce qu’il déteste. Pour notre part, on a failli décrocher bien souvent, mais on s’est souvent raccrochés à des bribes de piste, à l’ébauche d’un signe d’une direction… Puis on est persuadé que pour arriver à plus de notoriété, Anabel aura a canaliser le maelström d’idées et de sons qui frémissent dans son chaudron… Mais on est persuadés, - bisque bisque rage- , que ça aussi elle l’a prévu.

 

Denis Verloes

 

Tracklist

Alors là… à vous de jouer

01.-> 44.

 

Durée : 52’ 37’’

Date de sortie : 10/10/2003

 

Plus+

L’espace Myspace

Le site officiel

Peelprod