musique

Jaga Jazzist - a livingroom hush 

Ninja tunes - 2002

 

 

    Le renouveau en matière de jazz-fusion et plus précisément de jazz électronique vient, en partie, ces dernières années des pays scandinaves et notamment de la Norvège, pays dans lequel se sont illustrés quelques musiciens ayant bien admis qu'il était possible de mêler jazz et machines électroniques sans dénaturer le jazz originel en le transformant en une musique insipide et sans saveur. Dans ce registre on citera évidemment Nils Petter Molvaer ou Bugge Wesseltofts dignes représentant de ce courant musical, mais aujourd'hui on y ajoutera la formation du nom de Jaga Jazzist,
collectif de 10 norvégiens, amis de Bugge Wesseltofts ayant participé à des projets communs en compagnie de musiciens locaux (Alog, Biosphere).


    Album varié, ne se plaçant pas d'emblée dans un registre particulier, a livingroom hush touche à tous les styles : du post-rock, à la musique de film blaxpoitation en passant par la drum'n'bass ou la bossa nova. Moins rigide que celle de ses aînés (Nils Petter Molvaer / Bugge Wesseltoft), la musique de Jaga Jazzist est avant tout festive et groovy, rappelant par la même occasion que le groupe a été signé sur Ninja Tunes. Moins monolithique que celle de Cinematic Orchestra mais plus riche que celle d'un Mr Scruff, la musique que propose cet album donne un éventail de ce qui peut se faire en matière de jazz électronique. Si animal chin ou Midget se placent d'emblée sur un ton franchement break-beat voire drum'n'bass endiablée, Press
play
ou made for radio raviront les amateurs de Bossa ou d'easy-listening alors que Low battery et Lithuania trouveront aisément leur place dans la BO d'un polar imaginaire estampillé 70's.

    Difficile donc de coller une étiquette à la musique de Jaga Jazzist qui part dans tous les sens sans pourtant s'éparpiller le moins du monde.
Accrocheuse, intrigante et dansante, elle convoque une palette d'instruments aussi abondants que variés donnant au final un résultat, pourtant sans être vraiment original, véritablement détonnant, explosif et très libre auquel il serait dommage de ne pas prêter l'oreille si on s'intéresse quelque peu aux courants transversaux du jazz ou de la musique électronique.

 

Benoît