musique

Dour festival 2004    

du 15 au 18 juillet 2004

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    C’était la 16ème édition du festival de Dour, et jamais autant de monde n’avait investi le site et ses 6 scènes. La programmation n’affichait pourtant quasiment aucun grand nom mais on vient ici avant tout pour la découverte et surtout l’ambiance unique où tous les public se mêlent dans une atmosphère bonne enfant .

 

    Après un concert gentiment ennuyeux de Feist, les chose sérieuses commençaient avec Laetitia Sherrif  qui a présenté un set tendu et habité. Avril, sur scène, tend à s’éloigner de la techno pour le rock mais avec un son bien trop fort et une voix neutre et faiblarde, il n’a pas convaincu malgré toute l’énergie déployée et sa visible joie d’être là. Les rangs de l’assistance étaient clairsemées pour voir les très floydiens Mellow. Dommage mais les gens se réservaient sûrement pour accueillir l’un des gros buzz du moment :les ! ! !. Si l’album peut laisser dubitatif, sur scène la grosse demi-douzaine de musiciens composant le groupe fait tout pour dissiper cette impression dans un show très enlevé :déhanchements incessants et grimaces criardes ont conquis les spectateurs. Un petit tour dans la Magic Tent -qui après avoir accueilli du métal très lourd se transforme à l’orée de la nuit en piste drum’n’bass- pour s’échauffer un petit peu avant le show de Audiobullys qui n’auront pas à forcer pour séduire un public joyeux et prêt à faire la fête. Plus loin les Dead Combo avec leur disco-rock, très Suicide, n’hésite pas à enfiler les clichés : vestes de cuir, lunettes noires, tatouages, guitares distordues et surtout défonce complète….Après un DJ set de James Murphy du LCD sound-system, la soirée s’achève avec un concert incendiaire de Ghinzu, un des nombreux groupes belges programmés cette année . La scène belge est en effet l’une des plus foisonnantes du moment et le festival de Dour permet de voir les premières prestations de ces groupes comme l’an dernier les excellent Girls in Hawaii dont on connaît le parcours depuis. Le vendredi sera d’ailleurs en grande partie consacrée à la découverte des groupes du plat pays . Mais après avoir pourtant bien commencé par un réveil terrassant auprès des très bruyants Part Chimp, la journée « spéciale diables rouges » part mal avec les insupportables My second skin : du sous Muse très pénible (pléonasme). Heureusement tout rentre dans l’ordre avec Minérale qui propose des compositions fines à la structure alambiquée. Vient ensuite Austin Lace et leur pop sautillante - une sorte de Pavement domestiquée- qui promet beaucoup (vivement l’album !) pour une prestation simple et généreuse. Mint ,dans un style très rock indé offre un show correct mais un peu monochrome. Les excellents Showstar dont le 1er album sortira en France à la rentrée, se présente alors sous un soleil de plomb et avec un chanteur parfaitement déjanté  qui malgré toutes ses pitreries assurent sans problème sa partie. Le tout se finira dans de gros roulages de pelles avec les 1er rangs : Showstar n’est qu’amour et sexe facile ( c’est eux qui le disent) ! Contraste forcément saisissant avec Shannon Wright toujours aussi torturée et tétanisante. Les petits chouchoux de la presse belge, Hollywood porn stars, commencent alors devant un public conquis d’avance un set très énergique. Prestation intéressante même si dans certain morceaux des petites parties de guitares métalleuses laissaient craindre le pire. Sur un magnifique coucher de soleil, le groupe local Starving a servi ses compos au net tendance electro-80’s avant de laisser la place à  Sharko : un garçon qui se donne à son public vu qu’il a finit son concert en slip comme d’habitude. Sa prestation lunaire a ravi l’assistance. Pour finir Mud flow nous a bercé de sa pop délicate et mélancolique ,avant qu’on aille transpirer devant l’Asian Dub Foundation Sound-system. Le lendemain on émerge difficilement au son de « Chiwawa » et autre « Cette année là », on reste un moment dubitatif avant de se rendre compte qu’on est à des kilomètres de Dour en train d’assister à une fête de mariage qui nous empêchera de parler des prestations forcément parfaites de Girls in Hawaii ou Lali Puna (Tant pis, on se rattrapera à Saint Malo !). On aura quand même le temps d’apprendre que l’une des rares grosses « stars » du festival Diam’s n’a tenu sur scène que 4 minutes chrono, obligés de rentrer backstage et d’annuler son concert devant l’animosité du public et les très nombreux jets de projectiles dont elle était la cible. Le dimanche, les paupières et les jambes sont lourdes et une folle rumeur s’amuse à se répandre sur le site du festival : Johnny  est mort ! Ce qui n’a pas l’air de perturber les De Portables qui ont bien retenu les leçons d’harmonies dissonantes professées par Sonic Youth. On savoure d’autant plus que ce sera notre dernier groupe à guitares du week-end. On enchaîne en effet avec une prestation impressionnante aux platines des DJ de Quannum, échauffement idéal avant le formidable show des Pharcyde : un clavier et une batterie viennent compléter les platines et donner ainsi plus d’ampleur et de dynamisme à la prestation  parfaite du groupe emmené par deux mc’s aux flows variés et virevoltant . Voilà c’est quasiment fini. On traîne un peu. Dans quelques heures les Bérurier noir vont conclure le festival devant 30 000personnes puis on rejoindra la voiture où en allumant la radio on apprendra ce qu’on pressentait déjà : Johnny n’est toujours pas mort.

 

Guillaume