musique

Phoenix - It’s never been like that

Virgin/Emi

[3.5]

 

 

Une chose est certaine : il n’est jamais évident de se lancer dans la chronique de l’album qui succède à celui qui est entré, un jour, au sommet de notre panthéon musical annuel. Et comme il fut ainsi d’alphabetical, précédent opus des Versaillais, du coup, on attendait beaucoup de ce it’s never been like that. Trop sans doute. Des attentes irrationnelles assurément.

 

Le successeur d’alphabetical prend le contre-pied sonore de son prédécesseur. Entrés tous ensemble dans leur studio berlinois, Phoenix tente cette fois de jouer la carte lo-fi (façon graham Coxon hein, c'est-à-dire un peu moins net, mais pas trop quand même). Tout semble mixé à l’ancienne, enregistré au micro devant l’ampli et joué avec de bons vieux amplis à lampe. Rien à voir, en apparence, avec l’aspect peaufiné et le travail presque clinique du son qui caractérisait l’album. It’s never… gagne du coup en immédiateté, mais perd en subtilité et en finesse. Cette subtilité de petites touches, parsemées sur un rock/pop de bon aloi, qui a permis à notre sens au groupe de gagner, toutes proportions non gardées, le statut de meilleur groupe français en activité.

 

Mais au-delà d’une modification dans le mode de production de l’album et une certaine perte de finesse ; la grande efficacité de Phoenix c’est aussi, du côté de la pop, la capacité à composer des mélodies imparables, à maîtriser le gimmick pop. Une maestria qui transformait la formation en groupe préféré des jeunes de 1 à 77 ans. Est-ce l’entrée en studio sans composition préalable, à la cool, ou une démarche assumée ici aussi visant à se démarquer du tout pour la pop du précédent album ; toujours est-il que It’s never been… est un album beaucoup moins immédiat. Il faut bien plusieurs écoutes attentives pour pénétrer dans le petit univers moins ambitieux , mais pas moins beau loin s’en faut, étendu au fil de ce nouvel album. Un nunivers prouvant par ailleurs que même quand ils lèchent moins l’ensemble, Phoenix reste un grand groupe de rock avant que de se prévaloir du statut de pop star.

 

Moins immédiat, d’apparence moins produit, moins ambitieux ; le nouvel album de Phoenix ne nous refait pas le braquage total réussi par alphabetical. Et plus on l’écoute, plus on se rend compte que la démarche du plus grand groupe de rock français en activité n’était pas de lui donner un successeur mais de perpétuer sur album, une certaine spontanéité et un certain plaisir d’être ensemble, de faire de la musique et finalement de placer un nouvel album « buissonnier », sans prise de tête ni prise de chou. Histoire de montrer que même en mode « détendu », Phoenix n’a pas son pareil pour placer des rock songs de qualité, de garder sous son aura un public déjà conquis, loin au dessus du moindre de ses rivaux hexagonaux.

 

Denis Verloes

 

Tracklist :

01. Napoleon says

02. Consolation prizes

03. Rally

04. Long distance call

05. One time too many

06. Lost & found

07. Courtesy laughs

08. North

09. Sometimes in a fall

10. Second to none

 

Durée37’ 01

Date de sortie : 15/05/2006

 

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