musique

Pop Ambient 2004     

Andrew Thomas - Fearsome jewel

Kompakt - 2003

 

 

 

    La sortie de la quatrième édition des superbes compilations pop ambient éditées par le label allemand Kompakt est une fois le plus l’occasion de se plonger dans des compostions inédites d’artistes, pour la plupart allemands, quelque part entre le post-rock et l’electronica ambient. L’occasion également se pencher plus précisément sur  Andrew Thomas, un artiste que l’on retrouve sur Pop Ambient 2004 et qui sort, conjointement à ce recueil, son véritable premier l’album, le très réussi Fearsome Jewel. Tous deux très intéressants, ces sorties confirment , si besoin était, la bonne santé de teutons, et en particulier du label Kompakt en matière de musique électronique planante.

 

    A l’opposé des compilations Total (1,2,3,4,5) issues du même label mais plus portées vers la techno, les volumes Pop Ambient 1,2 et 3 réunissent des artistes autour de compositions très calmes et plutôt contemplatives.

Une fois de plus on retrouve les artistes fétiches du label qui nous avaient tant séduits lors des précédentes éditions. A commencer par Klimek, Johnny de son prénom, qui ouvre la marche avec un morceau magnifique de 6 minutes 40 rappelant le meilleur Labradford, entre guitare reverb et longs silences, pour une musique profonde et très cinématographique. Un artiste dont on attend le premier album avec impatience. All, habitué des compilations (puisqu’on le retrouve aussi sur Clicks & Cuts  de Mille plateaux) présente ici un titre typiquement ambient et assez abstrait avec ses nappes lascives et réussit, dans son style,  à captiver son auditeur. Ulf Lohmann avec Audrey, sans doute une ode à sa chère et tendre, continue l’exploration sonore aux tréfonds de l’océan entre poissons-corail et algues sous-marines et mériterait largement sa place sur un disque dédié à la musique de relaxation. Jorge Burger, alias Triola et auteur de nombreux projets (notamment du récent album The Modernist), offre un morceau très joli mais assez quelconque basé sur un arpège de guitare et quelques bruits divers. C’est ensuite au tour du japonais inconnu Tetsuo Sakae et de son projet de Pass into silence de nous ravir avec un titre follement envoûtant bâti sur quelques notes de synthè rappelant certaines partitions de Ryuichi Sakamoto. Magnifique. C’est l’auteur de l’excellent album in Moll paru en 2001 que l’on retrouve ensuite pour un titre ambient et minimal bien à l’image de ses précédentes productions. Damit Du Endlich Weisst,... (puisque c’est son titre) propose une progression intéressante et totalement abstraite faite d’une nappe uniforme sur laquelle viennent se poser de bruits divers, samplés, puis agencés avec une certaine harmonie. Enfin c’est Donnacha Costello l’auteur du remarqué Together Is The New Alone qui clôture en beauté la session avec le morceau le plus pop de la compilation. Un titre post-rock très beau et dépouillé qui permet au cd de s’arrêter en douceur et de nous offrir les plus beaux rêves du moment.

 

    Ayant laissé volontairement de côté les deux titres signés Andrew Thomas, c’était pour mieux les retrouver au cœur de l’album Fearsome Jewel qui sort quasiment en même temps que pop ambient 2004.

Album assez court (à peine 35 minutes) Fearsome Jewel au titre énigmatique est un condensé de musique expérimentale ambient. La plupart des morceaux sont composés de textures sonores assez minimalistes et glitch mais très agréables à l’oreille.

Comprenant 10 mouvements, dont certains font moins de deux minutes, l’album se présente sous un aspect très compact (elle était facile celle-là !) dans le sens où la plupart des titres sont construits de la même manière avec des strates sonores souvent très semblables d’un titre à l’autre.

 

    Malgré l’uniformité de l’ensemble, le disque reste très beau, très frais et très envoûtant à la fois, avec des nappes de synthés, quelques notes de piano éparses et quelques beats sourds, parfois quasi-imperceptibles à l’oreille, c'est à peu près tout.

 

    Avec Pop Ambient 2004 et Fearsome Jewel Kompakt nous offre deux disques superbes, exigeants, très agréables et faciles à écouter. Deux références qui permettront de se familiariser un peu plus avec des artistes parfois peu connus mais jamais avares de titres impeccables capables de susciter de belles émotions.

 

Benoît