musique

Madlib - Shades of Blue   

Blue Note /EMI -2003

 

 

 

    Il est des gens comme ça, buttés, qui ont une opinion toute faite sur un tas de choses ; et en matière de musique, les préjugés sur le hip-hop vont souvent bon train. Il faut dire que la vitrine présentée au grand public n’est pas franchement reluisante et que la plupart des sujets ayant trait, de prêt ou de loin, à cette musique sont souvent synonymes de violence, de meurtre, de gangsta-rap, de machisme ou même d’homophobie. Bref la plupart du temps l’aspect musical passe largement après l’aspect people.

    A des kilomètres de tout ça, il excite des gens comme Madlib ou d’autres, qui redonnent au hip-hop, à travers de superbes albums, leurs vraies lettres de noblesse, celles d’une musique ouverte sur le monde et aux différents genres musicaux. 

Amateur de ce hip-hop multi-horizons, Madlib propose avec shades of Blue une relecture intelligente et superbe de certains classiques du célèbre label de jazz Blue Note.  

 

    Connu également pour avoir sorti des albums sous le nom de Quasimoto ou au sein du Yesterday's New Quintet avec le très beau Angles Without Edges en 2001 et plus récemment avec une relecture hip-hop jazz de morceaux de Stevie Wonder (Stevie vol 1).

Comme d’illustres prédécesseurs par le passé, (A Tribe called Quest, US3, De la Soul..., Madlib  réussit l’alliage parfait entre Jazz et Hip-hop en offrant un album léger dans lequel il ne dénature absolument les titres d’origine, donnant simplement une touche personnelle et moderne à des morceaux de jazz issus d’un univers pas forcément si différent du sien. Sur des beats hip-hop décontractés, il insuffle un vent de fraîcheur à des pièces qui ne sont pas des standards mais plutôt de petites perles extraites ici ou là d’albums peu connus signés Donald Byrd, Wayne Shorter ou encore Herbie Hancock.

 

    Si Shades of Blue est loin d’être un disque consensuel ou que l’on cataloguera péjorativement Lounge music (comme souvent avec ce type de musique mêlant Jazz et électronique) il n’en est pas moins un album accessible à tous, amateurs de jazz comme de hip-hop confondus ; en somme un disque pour tout le monde, un disque fait par un amoureux de jazz qui à aucun moment ne se sera laisser aller à la moindre facilité, (voir du côté des compilations Verve remixed dans ce cas-là).

 

Benoît