roman

Maile Meloy - Pieux mensonges

Éditions de l'olivier - 376p, 20€

[3.0]

 

 

L'histoire s'ouvre sur un mariage : Yvette épouse Teddy, pilote de chasse, vite convoqué par l'armée américaine après l'attaque de Pearl Harbor. Yvette est ravissante et Teddy l'aime follement. Mais la jalousie s'installe chez lui, profondément, et le ronge. Yvette est seule chez elle, avec ses deux petites filles, et rencontre un photographe qui la drague. Mentir ou avouer le baiser échangé contre son gré devient pour Yvette le premier des nombreux sentiments de culpabilité qui vont être semés sur son chemin de la vie.

Les enfants vont grandir, Margot va être séduite par son professeur de danse, tomber enceinte et être envoyée en France pour cacher sa grossesse. Yvette décide de porter la responsabilité en se réfugiant dans un couvent et assume la maternité de son petit-fils. Elle n'en dit rien à personne, pas même à Teddy. Durant sa retraite, Yvette fait une rencontre avec Dieu et se voue alors totalement à la religion catholique. Les années vont passer très vite, ses filles Margot et Clarissa tentent de gérer leur propre destin, mais pas toujours de façon évidente. Jamie, le fils caché de Margot, grandit et devient un adolescent à problèmes. Les uns et les autres vont et viennent autour du noyau dur de Teddy et Yvette. La famille Santerre est en train d'écrire son histoire, comme une famille américaine ordinaire, depuis les années 40 à nos jours. Les générations se suivent, l'eau coule sous le pont et les secrets continuent d'affluer, mais jamais sans perturber l'indéfectible foi religieuse d'Yvette.

Le premier constat de ce roman de Maile Meloy est justement qu'il est incroyablement posé sur une question de croyances catholiques à outrance. La foi en Dieu guide la destinée de la famille Santerre, envahit l'histoire et peut vite lasser le lecteur. D'un autre côté, "Pieux mensonges" est une fresque familiale dramatique racontée en accéléré, depuis le mariage, les naissances, les séparations etc. L'auteur n'a pas la volonté de s'appesantir, elle donne en 376 pages un fort condensé d'une saga sur un demi-siècle d'histoire. Mais là aussi se pose un autre souci : le roman est un peu trop long, surtout vers la fin. Quelques pages en moins auraient été plus appréciées. Du coup, ce premier roman est intéressant et grisant, surtout pour ses premières pages, et puis cela devient lassant. Une petite déception, donc.

 

Stéphanie Verlingue

 

Date de parution : 4 mai 2006