roman

Elizabeth Crane - Bonté divine

Éditions Phébus - 244p, 19€

[4.0]

 

 

Charlotte Anne Byers quitte l'Iowa avec sa mère pour s'installer à New York. Quelques années plus tard, sa maman se remariera. Pour l'instant, disons six ou sept ans, Charlotte Anne rêve de chanter de l'opéra, mais une trouille maladive la conduira à faire une croix sur cette carrière. Charlotte Anne est une petite fille "bien comme il faut" et qui grandira avec des préceptes sur "avoir la tête sur les épaules" qui la suivront très longtemps, sauf à l'université, où elle se consumera dans les drogues, l'alcool et les petits copains qui vont et viennent... Bref, à trente ans, Charlotte Anne rejoint les Alcooliques Anonymes. Dix ans plus tard, elle ne boit plus, n'a pas de vie sentimentale fort stable mais a réussi à sortir un film. Car Charlotte Anne a toujours rêvé : soit devenir écrivain, soit faire des films. Elle traversera de nombreuses galères, dont un passage sur la côte Ouest et un déménagement à Chicago car la vie à New York lui sera devenue trop chère.

Bref, Charlotte Anne est un peu cette fille qui nous ressemble, qui pourrait être notre copine et qui nous parle pendant des heures et des heures. S'il fallait résumer ce livre, comme je l'ai lu dans une brève : Du Bridget Jones, l'art de la plume en plus. Un bijou spécial fille, garanti anti pétasse. C'est totalement vrai ! La logorrhée de Charlotte Anne / Elizabeth Crane est décoiffante, saoûlante, mais c'est drôle. Les critiques n'hésitent pas à la comparer à Dorothy Parker : elle possède le regard qui tue et la plume qui dissèque, le tout allègrement. J'avais déjà beaucoup aimé "Feu occulte", j'ai tout autant apprécié "Bonté divine". Cette fois-ci, il s'agit d'un roman, même s'il se présente sous la forme de nouvelles. Les thèmes du premier livre sont ici repris, retravaillés, repensés. C'est un résultat poilant, brillant. A conseiller fortement ! 

 

Stéphanie Verlingue

 

Date de parution : mai 2006