5+5 = les disques préférés de Primevère

Retour du français Primevère avec un 3e album rempli de chansons pop folk pleines de charme. On va en apprendre un peu plus sur son univers musical à travers dix albums de son choix.

Primevere.
© Sylvain Maino

De son vrai, nom Romain Bernard, membre du duo Ropoporose, qu’il formait avec sa sœur Pauline, et de divers formations (Namdose, Braziliers, Paradoxant, Milk TV, Fondry & Ada Oda) présente un troisième album chanté comme toujours en anglais et en français. Un album composé et bricolé en solitaire pendant deux ans, entre Vendôme et Bruxelles avec à la clé 12 chansons pop folk modestes, légères, singulières, rêveuses, poétiques. A découvrir !

5 disques du moment :

Emily Yacina – Remember The Silver

J’ai découvert par hasard cette chanteuse en cliquant de vidéos en vidéos sur youtube et cet album de 2019 est un véritable bijou, entre pop slaker dépouillée et anti-folk lumineux. C’est désarmant de beauté, de finesse dans l’écriture et dans les arrangements. Les morceaux sont souvent très courts, très simples dans leur composition mais possèdent un grand pouvoir d’enchantement. La voix d’Emily m’accompagne tout le temps depuis un an, sa musique est devenu un refuge, et j’en suis profondément heureux.

Saul Adamczewski – Adventures In Limbo

J’ai complètement manqué le wagon Fat White Family il y a dix ans. Pierre-Alexis, le chanteur du groupe Opac m’a parlé récemment de son admiration pour son guitariste Saul et sa carrière solo. J’ai trouvé dans sa manière vibrante d’en parler une résonnance à certaines de mes admirations, et la magie a tout de suite opéré sur moi. Il y a tout ce que j’aime dans cet album : une grande liberté créative, un dépouillement des formes et une sensibilité à fleur de peau, très pure. C’est un grand songwritter, quelqu’un qui réussit à irradier un charme fou, un charme de bohème trash irrésistible aussi.

Thousand – Au Paradis

Cet album de Thousand m’a bien bousculé lors que je l’ai découvert. La poétique de Stéphane est très particulière, il y a vraiment un acte mythifiant très fort dans sa manière d’écrire, un jeu de piste entre l’intime et l’immense qui se joue à chaque instant par virages serrés. Le rêve, comme espace prospectif et matière créative y tient grande place, ce qui nous unit un petit peu, je crois. Il m’a beaucoup inspiré dans le fait d’assumer une écriture non narrative, vaporeuse, d’où émanent mes inspirations et mes mécanismes d’écriture poétique.

Water From Your Eyes – Eveyone’s crushed

Un des groupes très récents que je trouve absolument incroyable. Cet album est un manifeste de déconstruction stylistique, ultra libertaire artistiquement, faisant la bascule entre noise, shoegaze, pop cassée, ambiant.. le tout enveloppé par un chant étrange, incantatoire. A écouter d’une traite !

Bertrand Belin – Persona

J’ai découvert Bertrand Belin un peu tardivement, à l’époque de cet album, en 2019. Persona prolonge le travail amorcé sur son prédécesseur, en s’écartant de l’esprit americana / Bill Callahan des précédents et s’évadant vers des choses plus synthétiques, pop et minimalistes. La direction musicale est magnifique mais c’est avant tout le minimalisme formel de l’écriture qui m’a surpris et ému. Dire peu, dire bien mais surtout dire beau. C’est une leçon de classe qui m’a inspiré et donné courage à trouver mon propre rythme prosodique, mon propre lexique aussi. « Choses nouvelles » est l’une des plus belles chansons françaises selon moi, mais si peu de choses y sont dites. C’est troublant.

5 disques pour toujours :

Pinback – Blue Screen Life

Découverte tardive ici encore. Cet album est devenu un doudou intemporel pour moi. Un disque absolument parfait, parfait d’équilibre entre proto math-rock, rock émo, indie 90′ solaire… dur d’en parler plus, on s’y attache instantanément.

The Libertines – The Libertines

Mon album d’adolescence, le disque qui a ouvert ma sensibilité, m’a permis de découvrir ce que je souhaitais ressentir et poursuivre, en terme d’art, de sensations, de chemin de vie, imaginaire ou rêvé, ça va de soi. Le fait d’écrire ce genre de phrases me fait dire qu’il reste un peu d’innonce juvénile en moi, c’est cool. Merci Carl et Peter, vos prénoms à jamais écrits au feutre sur le bout de mes converses dépareillées.

Adam Green – Jacket Full Of Danger

Cet album, pas le plus mémorable de tous ceux du chanteur mais peut-être le mieux produit, est le premier que j’ai connu de lui, celui par lequel j’ai découvert cet univers de crooner dégingandé, fantasque. Adam Green est, à l’instar des Libertines, un être de lumière dans mon panthéon musical. Il y a dans sa musique une grande finesse d’écriture et de composition, mais au demeurant mon amour pour lui dépasse le cadre factuel. Il incarne ce que j’aime le plus, ce petit style bohème cracra, un esprit dandy post-moderne, entre Oscar Wilde et Louis de Funès.

Blonde Redhead – Fake Can Be Just As Good

Ce album, le troisième du trio, est très certainement le chef-d’œuvre de leur première période noise. Simone Pace, le batteur, est à son apogée en terme d’écriture rythmique et d’intensité, Kazu a des parties de voix hallucinantes. Tout est tendu d’une grande beauté nerveuse, frénétique et élastique à la fois, comme dans le morceau « Water ». J’aurais rêvé les voir en concert à cette époque, avant le passage à des choix musicaux plus synthétiques.

The Fabulous Gerry Mulligan Quartet – The Fabulous Gerry Mulligan Quartet

Un peu par hasard, ce double vinyle un peu usé, un live des années 50 au son assez exceptionnel est devenu mon disque de jazz doudou. C’est très onirique, ce cool jazz, très loin de mes repères culturels, c’est comme un petit voyage temporel en charentaise, c’est top, et ça swing de ouf.

Primevère III est sorti le 31 octobre 2025

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