De passage à Nantes le samedi 31 janvier (première date de sa tournée), l’ancien leader des Libertines et des Babyshambles a offert un concert énergique et joyeux, en forme de best of d’une carrière solo de très bonne tenue.

Pete Doherty aime la France, on le sait. Mais il doit aussi apprécier Nantes et le Stereolux, salle dans laquelle il joue désormais à chaque tournée ou presque. Et la soirée du 31 janvier s’annonçait chargée puisque deux artistes étaient programmés avant lui : le tout jeune Charles Bueller et l’intrigante Luvcat.
Une arrivée un peu tardive nous aura empêchés d’apprécier la première prestation. Ainsi nous n’aurons pu assister qu’aux deux derniers morceaux acoustiques de Charles Bueller, dont le premier album annoncé pour le printemps prochain sera produit par Doherty lui-même. Difficile donc de se faire une idée des mérites de son répertoire mais la parenté avec celui de l’ex-Libertines nous a paru évidente. Quoi qu’il en soit, la prestation est saluée par Pete Doherty, qui débarque sur scène pour tenter de vendre au passage quelques exemplaires d’un fanzine de poésie dont il est le principal auteur semble-t-il. Costume gris, chemise blanche, chapeau et bretelles, le chanteur est en pleine forme. Joyeux et prêt à plaisanter, il reviendra lui-même annoncer la deuxième prestation (Luvcat) et essayer de refourguer à nouveau son fanzine : « 10 euros, cash only », précise-t-il à un public qui s’amuse de le voir s’improviser camelot.

La Liverpuldienne Luvcat investit donc la scène du Stereolux accompagnée d’un claviériste et d’un guitariste. Avec ses allures de pin-up gothique, la jeune chanteuse minaude un peu mais propose de jolies chansons sur des amours toxiques ou déçues. Le public apprécie et, de fait, Luvact livre une prestation plutôt convaincante qui nous permet de patienter agréablement en attendant le concert principal de la soirée.
Quand Pete Doherty s’avance enfin sur scène, il est, comme à chaque fois, suivi de ses deux chiens, étonnamment sages étant donné le bruit et la chaleur de la salle. Mais Doherty est surtout accompagné d’un groupe formidable au sein duquel on retrouve son épouse Katia de Vidas (claviers), les guitaristes Mike Moore (qui accompagne aussi Liam Gallagher) et Jack Jones (du groupe Trampolene), le bassiste Mark Neary (vu aux côtés de Baxter Dury) et Mike Joyce, le légendaire batteur de Smiths.

Le concert s’ouvre avec Last of the English Roses qui, au vu de la réaction du public, est désormais l’un des classiques du répertoire de Doherty en solo. En commençant ainsi, le chanteur annonce aussi ses intentions : il ne se contentera pas de défendre son dernier album en date (Felt Better Alive, 2025). Il souhaite plutôt nous offrir une sorte de best of agrémenté de très belles surprises. Ainsi, on aura droit à quelques titres de Felt Better Alive (le morceau éponyme, Ed Belly, Calvados, The Day Baron Died, Pot of Gold ou encore Kolly Kibber), mais aussi à plusieurs morceaux phares du chanteur : deux extraits de son album enregistré avec Frédéric Lo (les très belles The Fantasy Life of Poetry & Crime et The Epidemiologist), et les formidables I Don’t Love Anyone (But You’re Not Just Anyone) et Someone Else To Be (et son fameux couplet piqué au Don’Look Back In Anger d’Oasis).

Pete Doherty et sa bande s’amusent à l’évidence beaucoup et prennent un plaisir communicatif à jouer ensemble. On verra ainsi à plusieurs reprises le chanteur et l’un de ses musiciens se prendre dans les bras, preuve d’une belle complicité. La fin du show, qui se conclut sans rappel, est plutôt consacrée à des reprises énergiques des Babyshambles (Albion et Fuck Forever) ou des Libertines (Time for heroes). Et comme Doherty n’hésite jamais à saluer ses influences, il nous offre même une version très réussie du classique des Smiths How Soon Is Now, évidemment l’un des sommets de cette belle soirée (d’autant que c’est Mike Joyce qui donne le rythme).
Un peu frustré de ne pas voir les musiciens revenir sur scène pour deux ou trois morceaux supplémentaires, on se console finalement en se disant que Pete Doherty vieillit plutôt bien. Quatre ans après le miraculeux The Fantasy Life of Poetry & Crime (l’album avec Frédéric Lo), il est là pour nous rappeler que son répertoire solo est sans doute l’un des plus intéressants de la pop britannique actuelle.
Luvcat : ![]()
Pete Doherty : ![]()
Grégory Seyer
Photos : Maxime Dubois
Pete Doherty au Stereolux
Production : STEREOLUX/Songo
Date : le samedi 31 janvier 2026
Leurs derniers albums :
Luvcat – Vicious Delicious
Label : Luvcat
Date de parution : 31 octobre 2025
Peter Doherty – Felt Better Alive
Label : Strap Original
Date de parution : 16 mai 2025
