Un soir de neige, une disparition inexpliquée, un retour impossible… Dans ce nouveau roman tendu, aux frontières du fantastique, Fabrice Colin explore moins le mystère que ses répercussions intimes, il observe une famille confrontée à l’inacceptable.

Le point de départ est d’une grande simplicité. Un soir de neige, Julien et Marie roulent sur une petite route entre les Vosges et l’Alsace, leurs deux enfants endormis à l’arrière. Après une dispute, Julien arrête la voiture. Marie descend et disparaît. On ne la retrouvera pas. Sept ans plus tard, elle réapparaît au domicile familial, comme si rien ne s’était passé… ou presque. Car pour elle, seulement sept jours se sont écoulés.
Que s’est-il produit durant ces sept années ? La question traverse tout le roman et déstabilise autant la famille que le lecteur. Car si Marie semble physiquement inchangée, quelque chose, en elle, paraît déplacé, imperceptiblement altéré.
Avec ce nouveau roman, Fabrice Colin entre immédiatement dans le vif du sujet. Pas d’exposition ni de détours descriptifs, le texte s’attache avant tout à raconter cet événement inexplicable que ni la police, ni les médecins, ni les proches ne parviennent à éclaircir. Le mystère demeure entier.
Le roman est constitué principalement de dialogues – on pourrait d’ailleurs en faire un adaptation théâtrale. De prime abord, Sept jours ressemble à l’un de ces thrillers américains que l’on lit l’été sur la plage, conçus pour faire tourner les pages à toute vitesse jusqu’au dénouement. Mais au-delà du suspense, l’enjeu est ailleurs.
« Que pourrais-je répondre à ça ? Que pourrais-je répondre à cette femme qui a été la mienne, qui l’est encore et que je n’avais pas touchée depuis sept années longues et sèches ? Que répondre à l’ami qui m’encourage à cesser tout contact trop rapproché, trop confiant avec la logique ? Que répondre aux parents, aux enfants, aux amis qui, tous, se concoctent une histoire différente, et attendent de moi que je lui donne un sens ? Dans l’obscurité brouillée, la main de Marie trouve la mienne. On dirait que les étoiles ont quitté ce ciel pour un autre. » (page 158)
Car, si le livre se lit très vite et donne envie d’en savoir plus à chaque chapitre, il s’agit avant tout d’un roman psychologique, un roman d’atmosphère, frôlant le fantastique. On s’attache davantage à la personnalité des protagonistes, à leurs comportements face au drame qui les touche, qu’à la résolution du mystère, avec, au centre, la question : comment gérer le retour d’une personne que l’on croyait morte ?
Le roman tient ses promesses, collant au plus près de ses personnages, montrant avec justesse l’évolution psychologique et les réactions des uns et des autres face à cette situation extraordinaire.
Un roman que l’on lit presque en apnée, porté par un final très beau, sans doute la partie la plus réussie et la plus émouvante du livre, où Julien, le mari, imagine, dans une narration au futur, ce qu’il adviendra de son couple. Une manière élégante de laisser au lecteur la liberté d’imaginer la suite.
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Benoit RICHARD
