Dans le Bookmakers qui lui est consacré, Dominique Manotti revient sur son parcours, ses engagements et sa méthode d’écriture. Une plongée passionnante dans l’itinéraire de celle qu’on surnomme « la mamie rouge du roman noir ».

Si vous aimez la littérature au sens large, les écrivains d’aujourd’hui, si vous aimez connaitre les coulisses de la création et savoir ce qui se joue dans la tête d’un auteur au moment d’écrire, vous connaissez sans doute la série Bookmakers sur Arte Radio.
Depuis plusieurs années, Richard Gaitet y invite des auteurs et des autrices à venir expliquer, à son micro, pourquoi et comment ils écrivent des romans.
On s’attardera ici sur les trois volets consacrés à Dominique Manotti, autrice de treize romans à ce jour et figure bien connue des amateurs de polar. L’occasion de faire plus ample connaissance avec celle que l’on surnomme « la mamie rouge du roman noir » : une personnalité passionnante au parcours singulier.
Issue de la bourgeoisie parisienne, elle s’engage très tôt dans les luttes sociales et politiques. Agrégée d’histoire économique, aux convictions marxistes et anticolonialistes affirmées, elle milite avant et après 1968, notamment à la CFDT et au Planning familial. Elle enseigne d’abord l’histoire au lycée, puis à l’université, en particulier à Université Paris-VIII Vincennes-Saint-Denis, avant de se consacrer pleinement à l’écriture.
Ces trois épisodes permettent de découvrir un parcours dense, traversé par l’histoire politique et sociale des cinquante dernières années, mais aussi une méthode d’écriture rigoureuse. Dominique Manotti y explique comment elle est venue au roman noir presque par accident, après la lecture du L.A. Confidential de James Ellroy, en 1993. Une révélation qui l’amène à considérer le polar comme un outil d’analyse du réel, une autre façon de faire de l’histoire et de la politique par le biais de la fiction.
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Benoit RICHARD
