Après une première saison haletante, Hijack revient avec une intrigue déplacée cette fois dans un train à Berlin. Malgré la présence toujours solide d’Idris Elba, ce nouveau huis clos peine à retrouver la tension et l’efficacité qui faisaient la force de la série.

Après le succès surprise de sa première saison, Hijack était attendue au tournant. La série, pensée au départ comme un one shot, voyait Idris Elba incarner Sam Nelson, un passager capable de jouer les médiateurs pour contrecarrer les plans d’une bande de pirates de l’air. Face à l’engouement suscité par ce thriller sous haute tension, les producteurs ont finalement choisi de prolonger l’expérience avec une deuxième saison, bâtie sur un nouveau scénario.
Dans cette nouvelle saison, Idris Elba endosse un rôle plus ambigu. Dès le premier épisode, on le retrouve en preneur d’otages dans un train de banlieue à Berlin. Mais très vite, quelque chose cloche : avec son calme apparent et son regard doux et triste, Sam Nelson semble incapable de faire du mal à qui que ce soit. On comprend rapidement que cette prise d’otages se fait sous la contrainte. Pour qui ? pourquoi ?
Durant huit épisodes, la série suit les négociations menées entre Sam et les autorités locales pour tenter de préserver la vie des passagers. Sur le papier, le dispositif promet un nouveau huis clos tendu. Dans les faits, la mécanique s’essouffle rapidement. Si la première moitié de saison se révèle plutôt efficace et rythmée, la seconde devient nettement plus laborieuse.
Le spectateur se retrouve coincé dans un dispositif qui peine à maintenir la tension, multipliant les allers-retours entre le poste de contrôle ferroviaire berlinois et la rame où sont retenus les passagers. Les personnages manquent de relief — Toby Jones apparaît notamment dans un rôle largement sous-exploité. Dommage — et les dialogues donnent parfois l’impression de tourner en rond. Les négociations n’en finissent pas de finir, le scénario se complexifie inutilement et finit par devenir confus, au point que le suspense perd peu à peu de son intérêt.
Au final, cette saison 2 ressemble à un beau ratage, difficile à expliquer, aux antipodes de la première saison, qui brillait par son efficacité et sa tension constante.
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Benoit RICHARD
