Gwenaël Bulteau signe avec Maudite soit la guerre un polar historique captivant dont l’intrigue se déroule en 1917. Entre enquête criminelle et portraits d’une capitale en plein chaos, l’auteur mêle habilement petite et grande Histoire.

En 1917, la guerre est encore loin d’être terminée. Les hommes continuent de partir au front ; certains reviennent brisés, physiquement ou moralement ; d’autres désertent. Quant aux plus chanceux, ils profitent de leurs permissions pour retrouver un peu de joie dans les rues de Paris avant de repartir au combat.
Dans ce Paris en guerre, un meurtre est commis dans un appartement : un homme est retrouvé mort, une pipe dans une main, une boîte d’allumettes dans l’autre. Une scène étrange, presque théâtrale, qui laisse penser à une mise en scène. Mais pourquoi assassiner ce monsieur Ménard, un homme apparemment sans histoire ? Commence alors l’enquête du commissaire Soubielle dans une capitale à bout de souffle, où se croisent plusieurs destins qui vont peu à peu nourrir le récit de ce polar historique captivant.
Il faut dire que Gwenaël Bulteau maîtrise parfaitement son sujet. Avec un sens de l’intrigue bien rodé, l’auteur compose une galerie de personnages aussi variés qu’attachants, dont les trajectoires finissent par se rejoindre. Entre Maxence, patriote impatient de partir au combat, Jeanne, sa jeune fiancée qui, faute de trouver sa place dans le monde du théâtre, accepte de poser pour un photographe aux côtés de soldats, et ce commissaire bien décidé à résoudre l’affaire, les pièces du puzzle se mettent progressivement en place.
Dans une atmosphère très réaliste et particulièrement immersive, l’auteur de Malheur aux vaincus livre un roman aussi fluide que palpitant. Un polar historique à ne pas manquer, qui confirme le talent d’un écrivain poursuivant avec brio son exploration du début du XXᵉ siècle, à la croisée de la petite et de la grande Histoire.
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Benoit RICHARD
