José González – Against The Dying Of The Light : un album folk tout en nuances

Le songwriter suédois nous livre un superbe cinquième album, chanté en anglais, en espagnol et en suédois, sur lequel son chant, ses harmonies vocales, ses mélodies et son jeu de guitare font encore une fois des merveilles.

jose_Gonzalez_2025
@ Ellika Henriksson/City Slang

Avec son cinquième album, José González confirme une trajectoire artistique à contre-courant des tendances dominantes. Fidèle à une esthétique minimaliste, le musicien livre un disque dans la continuité de ses précédents travaux, approfondissant l’idée d’une musique folk intimiste et feutrée, où l’économie de moyens constitue une force plus qu’une faiblesse.

José González – Against The Dying Of The LightAgainst The Dying Of The Light : derrière ce titre à forte charge symbolique, l’artiste propose une réflexion discrète, mais bien réelle, sur notre époque actuelle. Sans verser dans le discours frontal, il laisse affleurer des préoccupations contemporaines comme l’influence croissante des technologies ou la fragilité des relations humaines. Une tension sous-jacente traverse l’album mais sans jamais que cela ne transparaisse dans le jeu du songwriter.

Sur le plan musical, José González reste fidèle à ses fondamentaux. Les arrangements, volontairement épurés, reposent sur une guitare acoustique omniprésente, avec des motifs de guitares parfois répétitifs, un fingerpicking souple et aérien, et une voix douce, presque en retrait – on pense toujours un peu à Nick Drake – qui fait mouche sur chaque titre. L’alternance entre anglais, espagnol et suédois, déjà expérimentée sur Local Valley, renforce cette impression d’universalité pour cet artiste suédois, né de parents argentins.

C’est dans les nuances que le musicien se distingue le plus nettement. Quelques variations de picking, des inflexions vocales subtiles… il n’en faut pas davantage pour installer une émotion durable. Cette maîtrise du détail confère à l’ensemble une cohérence, une diversité et une profondeur évidente qui donnent à cet album tout son charme. Si les textes restent parfois elliptiques, c’est avant tout le travail instrumental qui retient l’attention. Le jeu de guitare, précis et régulier, structure les compositions sans jamais s’imposer, inscrivant l’album dans une forme d’intemporalité même sil renvoie avant tout aux années 70.

Au final, Against the Dying of the Light s’impose comme un disque de folk très doux, porté par des harmonies superbes. Loin de toute posture idéologique, José González privilégie l’évocation à l’affirmation, signant une œuvre  profondément habitée et en tout point bouleversante. Une des plus belle réussites de sa discographique.

Benoit RICHARD

José González – Against The Dying Of The Light
Label : City Slang
Date de sortie : 27 mars 2026

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.