Après trois ans d’attente, le commissaire Adamsberg et son équipe de flics pas ordinaires reviennent de la plus belle des manières. Ils se démènent dans les méandres d’un poème de Nerval pour trouver l’assassin de jeunes femmes sublimes. Mais où Fred Vargas trouve-t-elle toutes ces idées saugrenues ?

Trois longues années sans Adamsberg, Danglard, Veyrenc, Estalère, Retancourt et Froissy… Notre patience est enfin récompensée. On retrouve dans Une unique lueur tout ce qui fait l’ADN des « rompols » de Fred Vargas : du roman policier, une équipe de flics un brin déjantés mais fûtés, un soupçon de légende (urbaine ou non) et beaucoup de talent pour réussir à tirer une intrigue haletante de fils méchamment entremêlés.
Dans Une unique lueur, un soir de déambulations dans les rues de Paris, Jean-Baptiste Adamsberg, le commissaire rêveur, se retrouve par hasard sur une scène de crime. Une jeune femme d’une exceptionnelle beauté a été assassinée d’un coup de couteau dans le cœur, habillée d’une veste pied-de-poule haute-couture et munie d’un sifflet en or accroché à un bracelet. Coutumier des souvenirs qui se refusent à lui, Adamsberg divague, rumine, persiste. L’homme qui préfère les intuitions aux preuves se laisse déborder et trouve. Il a déjà vu cette scène de crime quelques années plus tôt.
Ni une, ni deux, toute l’équipe se réunit dans la salle de concile de la Brigade du 13ème arrondissement. De fil en aiguille (« en anguille », dixit Adamsberg), l’équipe de flics pas ordinaires remonte le courant et percute le célèbre poème de Gérard de Nerval, El Desdichado, qui commence ainsi :
Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie :
Ma seule Étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie […]
Il n’en faut pas moins à Adamsberg et sa fine troupe pour trouver un point d’accroche et ne plus lâcher la piste de l’assassin qui, entre temps, a encore sévi. De Nerval mènera à Lauren Bacall et Humphrey Bogart, couple mythique de l’Âge d’Or hollywoodien…
N’en dévoilons pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte de cette histoire un peu folle. Vous allez pouvoir vous délecter du style si unique de Fred Vargas, qui sait ponctuer ses romans de dialogues savoureux. Ici, un très bref extrait :
– Il est toujours comme cela ? demanda Rivière au brigadier Noël. Le commissaire ?
– Toujours comment ?
– Je ne sais pas.
– Lui non plus.
– Il ne sait pas ce qu’il cherche ?
– Il sait qu’il cherche.
– Et alors ?
– Alors il laisse filer la ligne.
– Ah bien. Comme un pêcheur, en quelque sorte ?
– Dans des eaux mouvantes et jusqu’à la vase. Il y a plein de machins dans la vase.
– Et parmi ces machins, il trouvera ?
Noël haussa les épaules.
– Il l’a dit lui-même : « Une unique lueur. » Au loin.
– Ça fait peu.
– Très.
Telles celles qui parsèment Hollywood Boulevard, une étoile est à ajouter à la saga Adamsberg ! (vous comprendrez quand vous aurez lu Une unique lueur…)
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Caroline Martin
