Connan Mockasin – Forever dolphin love

Je commence ma critique par un appel à  la population charentaise. Si sur une plage entre Royan et St Georges de Didonne tu repères une pochette de disque étrange où une poupée de chiffon à  l’air vaudou sourit d’un air narquois »Tu viens de trouver le disque que j’ai perdu suite à  mon écoute répétitive en vacances. Oh je ne doute pas que tu le garderas pour toi ce disque, lecteur, parce que comme toute une jeunesse moderne, quand il s’agit de musique, tu es un vil voleur de sac à  main, un pirate qu’on aura à  pendre haut et court tout ça. Non ? ha bon »Excuse-moi j’ai cru au discours de Pascal Nègre.

Paru initialement il y a une paire d’années, en catimini sur le label d’Eroll Arkan, l’opus du néo-zélandais Connan Mockasin revient ces jours-ci, faire le buzz dans ma platine, enfin avant de prendre la poudre d’escampette. Ce disque est un de ces petits joyaux discrets qui déboulent de nulle part au cours d’une année musicale, et dont on sait qu’on ne s’en passera plus (oui parce que je l’avais ripé dans mon mobile, pas fou l’animal). Même si Connan et ses Mockasins était sa première entité musicale et qu’il se dit que plusieurs albums étaient disponibles dès avant son »retour » solo.

Connan Mockasin dispense une musique qui est à  équidistance du premier Ariel Pink.’s haunted graffiti (the doldrums), celui d’avant la notoriété, des folk songs intenses mais acides de Syd Barrett et de l’univers des premiers Pink Floyd psyché.

Dès le premier titre on pénètre dans ce que Mockasin établit au final comme un univers complet en compression. On rentre dans un cosmos autoréférent à  la fois triste et romantique qui se suffit à  lui-même et où les richesses des arrangements (choeurs d’enfants, flûtes ») imposent la mélancolie, le romantisme et la bizarrerie comme autant de signatures.

Tout s’enchaîne sans heurt, avec une évidence quasi naturelle dans ce disque juste un poil trop long pour être parfait. Disque de début de soirée par excellence, Forever Dolphin Love se déguste quand les enfants sont couchés qu’on s’est servi un whiskey de Don Draper, et qu’il ne reste plus qu’à  regarder le soleil rougeoyer au loin. Dans un mélange de regrets, de reproches, de sourires et de drames intérieurs. On savoure lentement mais sûrement. Et de cet univers enfermé mais jamais claustrophobe, on ne se lasse jamais. On y revient encore et encore, comme l’insecte attiré par la lampe bleue fatale.

Une jolie réussite assurément. J.’aimerais bien retrouver mon album hein hein. Charentais, si tu m’écoutes…

Denis Verloes

Tracklist

Date de sortie:28 mars 2011
Label: Phantasy sound / Warner

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La vidéo de it’s choade my dear via Youtube

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Denis Billamboz
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j’ai eu beau sillonné les routes entre Royan et St Georges et même d’ailleurs, durant toute cette semaine, je n’ai pas trouvé trace de ton disque Denis. Le mien n’a pas quitté la voiture, par précaution.