5+5 = les disques préférés de Stéphane Grégoire (Patron du label Ici D’Ailleurs)

A l’occasion de la sortie de La terre Invisible de David Chalmin sur Ici D’ailleurs, retour à ce qui forge l’identité sonore du patron du label, Stéphane Grégoire.

Crédit photo : Arnaud Martin

Pour être à la tête d’un des labels les plus pertinents de l’hexagone et ce depuis une vingtaine d’années, faut-il être soi-même passionné de musique ? A la vue de ce que nous propose Stéphane Grégoire dans ce 5+5, la réponse semble évidente et ressemble en tout point à l’exigence éditoriale du label Ici D’ailleurs. Ce même Stéphane Grégoire qui fût le premier à croire en un Yann Tiersen débutant, ce même Stéphane Grégoire qui a signé aussi bien Matt Elliott que Les Marquises, Michel Cloup et Mendelson / Bruit Noir ou encore Chapelier Fou.  Un 5+5 qui ressemble finalement à un autoportrait, celui d’une exigence esthétique qui se refuse à toute forme d’élitisme. La preuve en sons…

5 disques du moment :

David ChalminLa Terre Invisible
On n’est jamais mieux servi que par soi-même mais j’aime énormément ce premier album de David et je suis bien fier de le sortir sur Ici d’ailleurs. Je l’ai écouté en boucle depuis des mois. Il correspond en tous points à ce que j’aime dans la musique dite électronique. David et moi sommes tous deux très amoureux du défunt groupe Coil. Pas étonnant qu’on se soit retrouvé pour cet album. Il est à la fois hypnotisant, ambient, classique et industriel. Tout ce que j’aime.

Tim HeckerKonoyo
Ce n’est pas un album sorti ces derniers mois mais il reste de ceux que j’écoute le plus actuellement. Après un album relativement décevant, Tim Hecker revient ici avec tout son savoir-faire dans la catégorie Ambient sonique. Son travail avec cet ensemble traditionnels japonais est une nouvelle étape qu’il franchit avec talent, il y a des découvertes et des surprises à chaque écoute. J’aimerai vraiment venir le voir à la Villette le 06 juin, j’espère pouvoir me libérer.

Claypool Lennon DeliriumSouth Of Reality
J’ai toujours eu un faible pour Les Claypool, bassiste virtuose mais qui ne se la pète jamais, j’avais totalement adhéré à Primus lorsqu’ils avaient fait ce mini EP de reprises où se côtoyaient autant XTC que The Residents qui validait ainsi l’ouverture d’esprit et le côté non sérieux sérieusement fait !  (Rires) . Depuis je jette toujours une oreille à ses multiples projets bien souvent délirants. Ce nouvel album avec Sean Lennon est juste nickel (mis à part quelques guitares au son contestable), une pop psyché parfaite et véritablement « tubesque« , on n’y croit pas trop au départ et au final on se surprend à l’écouter régulièrement parce qu’il fait simplement du bien au moral. Visiblement en France on est passé à côté, ou je n’ai rien vu c’est peut-être cela aussi…

Mkwaju EnsembleKi-Motion
Réédition de 1981, c’est un ensemble de percussions comprenant Midori Takada. On est entre du minimalisme répétitif et du faux traditionnel mais un peu comme si le groupe avec pris des micro-doses de LSD, cela dévie, délire et reste tout de même bien japonais dans l’esprit. C’est un classique maintenant disponible.

CoilLive At Gdansk
Tighpaulsandra vient de sortir en cd ce live de Coil à la fin de leur carrière, il y avait déjà plusieurs autres live. Je ne l’ai pas encore tant écouté que cela mais « Coil is Coil », je reste admiratif  pour la liberté musicale de ce groupe. Un sticker à l’époque disait « Coil is more than music« , il n’y a rien de mieux à dire sur eux.

5 disques pour toujours :

Arvo Pärt Tabula Rasa
J’ai découvert ce disque en 1992 ou 1993, un collègue l’avait apporté au travail et les premières mesures m’ont sidérées, il y a une telle force, une telle conviction dans ces premières notes et cette envolée tellement sublime de Gidon Kremer…Mes poils se hérissent systématiquement depuis lors. Je n’ai jamais cessé de vibrer sur cet album que j’écoute depuis plusieurs fois par an. Il y a une telle puissance dans le silence et le minimalisme de ces compositions, principalement Fratres qui reste la composition de Pärt que j’affectionne le plus, que je sais que cet album me suivra jusqu’à la fin de mes jours.

Steve Reich  – Musique Pour 18 Musiciens
Inlassable album, qui est l’album le plus connu, je pense, de Steve Reich, j’ai eu la chance de le voir jouer cette pièce pour ses 70 ans avec Bang on a Can au Théâtre de la Ville à Paris, inoubliable moment. J’ai toujours eu le sentiment que Steve Reich renvoyait au mieux le reflet tourbillonnant de notre époque, qu’il est le plus moderne des compositeurs contemporains pour les images qu’il nous délivre au travers de sa musique. City life est vraiment le reflet de ce qu’est Manhattan par exemple. Musique Pour 18 Musiciens est un savant mélange de rythmes jazz, javanais ou balinéens, africains et bien entendu classiques. J’ai toujours le sentiment d’entendre le son de ma vie lorsque je l’écoute, il te donne le sourire et la force de reconnaître que d’un certain point de vue, oui, la vie est belle.

Nick DrakeFive Leaves Left
Que dire de plus sur ce chef d’œuvre de mélancolie ? Comment ne pas avoir les yeux humides en écoutant cette voix de velours et ce jeu de guitare tous deux si parfaits ? Il restera pour moi le chanteur « folk » roi, indétrônable et pourtant beaucoup peuvent témoigner de mon amour pour Bonnie Prince Billy/Will Oldham, mais ce disque-là restera très probablement en haut de la pile pour toujours chez moi.

CanEge Bamyasi
Une grande partie des groupes rock du XX et XXIIème siècle ne serait rien sans Can, c’est un groupe majeur et qui restera malgré sa notoriété grandissante un groupe trop peu connu pour le génie qu’il a su apporter à la musique. Sans limite, inventif, psychédélique et bien au-delà, Can est le groupe qui ne se refuse rien et qui le fait toujours avec classe, même les mauvais titres !
J’ai toujours chéri les rythmes de Jaki Liebezeit, Vitamin C est une merveille de titre où la batterie est l’instrument lead sans être démonstratif, un joyau inusable qui fait que j’aime cet album plus que les autres

Captain Beefheart  – Clear Spot :
Quand j’ai vraiment envie d’écouter du rock blues, c’est le maitre absolu, le plus déjanté et le plus inusable. Quel personnage que ce Don Van Vliet! quelle voix ! Big Eye Beans From Venus, quelle tuerie, quelle folie ! La batterie est énorme, l’énergie est fantastique.
Ecouter ce titre c’est comme avoir le sentiment de le faire sur une roue arrière.

 

Mai 2019

 

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