[Live Report] M!R!M et KILL YOUR BOYFRIEND au Slow Club (Fribourg-en-Brisgau/ Allemagne)

En avant pour la reprise des concerts de l’autre côté du Rhin avec M!R!M et KILL YOUR BOYFRIEND deux formations qui partagent des origines italiennes et le gout immodéré pour un esthétisme musical 80’s. Mais à chacun sa manière.

M!R!M

Les membres de Kill Your Boyfriend viennent de Trévise et sont habillés de noir, y compris les lunettes. Aussitôt sur scène, des larsens percutent les âmes sensibles. Le batteur joue debout sur des bandes audios, une chorégraphie kitsch et exagérée vient détendre l’atmosphère électrique, le guitariste sort directement d’une pochette des Spacemen 3 et le chanteur ne tient plus en place.

kill your boyfriend Live

C’est parti pour 40 minutes de noise, de cris et de boucles électroniques. Passé trente-huit secondes, Matteo Scarpa grimpe sur le bar, harangue le public et joue des effets vocaux. Marco Bagagiolo pousse sa guitare dans les retranchements psychédéliques et fuzz, on pense évidemment au son de William Reid pendant que Antonio Angeli danse, martèle ses futs et lance les loopers. Sans temps mort, Natasha et Agave – les titres de leur dernier album Killadelica ne sont que des prénoms de filles – défilent, hypnotisent sur fond d’électro psychédélique. Suit un Pogo improvisé dans le public, sous fond d’agression sonore –Jean, Issac, Charles et Rudolph puisés dans leur précédents albums – dont Xavier un titre plus mid-tempo, comme un hommage appuyé au Velvet Underground, ramène le groupe sur terre.

Au tour de M!R!M de s’exposer après le show des trois stooges version cold. À la barre, Jack Milwaukee tripote des effets de la table de mixage avant de s’emparer de sa basse Vox Phantom soutenu par de multiples synthés et samplers aux sons 80’s. Originaire de Lucca et basé à Londres depuis près de dix années, M!R!M tourne partout en Europe et ça s’entend. Maitrise du son et de l’interprétation, chaque titre est potentiellement un hit qui rend l’urgence délicate et soyeuse. Autant la basse remplit d’effets (flanger, écho…) répond aux codes de la new wave tout comme les claviers et la boite à rythmes, la voix souvent trafiquée, transformée et déshumanisée est l’atout majeur et subversif du duo. D’entrée de jeu, les titres issues de The Visionary, dernier album paru en 2020 chez Avant! Records s’imposent avec facilité. Crucifix And Roses, Superstitions, Cristal Cave, Not The People et Another Life, Another Time deviennent addictif pour peu que l’on adhère aux sons qui doivent autant à la dreampop, la cold wave ou l’électro pop comme pour Drab Majesty ou Traitrs. Deux inédits Post Fight et Faultless Pitch laissent présager de belles choses quant au prochain disque. Délaissant son instrument, Milwaukee s’accroche à son micro, pour deux titres plus commerciaux Survive et Testament  qui n’ont pas à rougir aux côtés de ceux de John Maus ou Wild Nothing. Une soirée parfaite qui permettait d’avoir un pied dans le passé, l’autre dans le futur.

Mathieu Marmillot

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