5+5 = les disques préférés de Boris Maurussane

Avec Social Kaleidoscope, Boris Maurussane nous propose un premier album extrêmement ambitieux dans un registre pop sophistiqué et psychédélique, aux arrangements aventureux. Une excellente raison de lui poser la question des origines de cette musique, comme de ses coups de cœur actuels, dans un 5+5 !

BORIS-MAURUSSANE

Dans le Social Kaleidoscope de Boris Maurussane, on a pensé reconnaître autant des références aux Beach Boys qu’à Stereolab ou encore à Robert Wyatt. Un disque touffu, incontournable, d’une délicatesse rare, où chaque écoute est une nouvelle source de découverte : 12 compositions enregistrées en compagnie notamment de Julien GascDomotic ou encore Angy Laperdrix.

Alors, Monsieur Maurussane, quelles sont donc les musiques que vous écoutez et celles qui vont ont marqué ?

5 disques du moment :

1. Domotic, Descriptions of an unfolding event, 2022

Un disque très contemplatif, qui allie un travail très poussé sur les textures (il y a des alliages de timbres somptueux, des strates de synthétiseurs) avec une subtilité harmonique, un sens mélodique et une polyrythmie très sophistiquée. C’est une vraie plongée dans la matière sonore et dans une mélancolie émerveillée, quasi extatique.

2. Athanase Granson, l’Opium, 2022

Mon collègue-de-meilleur-label et ami Athanase Granson sort de merveilleux albums, des mélodies sublimement évidentes sur des harmonies subtiles voire savantes, et il y a là aussi un travail de production éblouissant, des alliages de timbres étonnants et des idées fortes.

3. Nicolas Paugam, Padre Padrone, 2021

Des textes magnifiques qui arrivent à dire des choses de notre monde contemporain de façon poétique, des mélodies très fortes qui empruntent souvent des chemins harmoniques sinueux, mais nous mènent toujours vers l’évidence, la lumière, comme dans la musique brésilienne dont on sent la profonde imprégnation.

4. Julien Gasc, L’appel de la forêt, 2020

Un disque d’une grande beauté aux mélodies très fortes, sublimées par la pedal steel et des arrangements subtilement colorés, avec des textes poétiques et visionnaires.

5. Odessey and Oracle, Crocorama, 2020

De la pop savamment baroque, avec arrangements de vents, polyphonies vocales et des textes surprenants là aussi.

5 disques pour toujours :

1. Robert Wyatt, Rock Bottom, 1974

Robert Wyatt m’a énormément marqué, comme beaucoup d’entre nous (qui désigne ce nous ?), par sa façon de mêler des directions musicales bien distinctes : un sens mélodique inouï, un timbre et un usage de la voix à la fois bouleversants et hors normes… Richesse et subtilité harmonique, expérimentation, sens de l’espace, du mix et inventivité de la production, du jazz à tous les étages et pourtant de la pop, psychédélique et évidente à la fois. Je suis un grand fan de quasiment tous ses albums, des années 80, 90 et 2000, mais s’il faut n’en citer qu’un, le choc premier pour moi reste Rock Bottom, qui relie différentes intensités musicales de façon stupéfiante.

2. Pink Floyd, Piper at the gates of dawn, 1967

Pink Floyd a été fondateur pour moi, par le caractère visuel, évocateur, de sa musique. J’aime tous leurs disques jusqu’à Animals, mais je suis vite remonté jusqu’à la période psychédélique. L’usage du farfisa par Rick Wright est magique, et l’équilibre entre le songwriting de Syd Barrett, son jeu de guitare incisif et inventif, d’une folle originalité, et les improvisations et expérimentations collectives, font de ce premier album un idéal, un véritable traité de grâce psychédélique.

3. Neil Young, Tonight’s the night, 1975

Difficile de choisir un disque de Neil Young tant il a sorti de bons albums. J’aurais pu mentionner On the Beach pour sa richesse et sa qualité, mais celui-ci m’a marqué par sa profondeur et son unité. L’alliage entre la pedal-steel de Ben Keith, inspiré et toujours pertinent et déchirant, la telecaster incisive et rocailleuse de Neil Young, son chant superbe d’errances au bord de la justesse, et un piano subtil, le tout porté par la section rythmique irremplaçable de Ralph Molina et Billy Talbot, font de ce disque un sommet de sa période post-Harvest, tout en exprimant parfaitement l’âme de Crazy Horse.

4. John Coltrane, The John Coltrane Quartet Plays, 1965

Difficile de ne pas citer un disque de Coltrane. J’y reviens toujours. Celui-ci est sorti après A Love Supreme. Le quartet y joue divinement. Prouesses d’enregistrement également. Le son de batterie d’Elvin Jones ou du piano, au jeu si moderne, de Mc Coy Tyner, les dialogues incroyables entre la contrebasse de Jimmy Garrison et le saxophone de Coltrane, tout cela est ici merveilleusement capté. Plus concis que Love Supreme, constitué de 4 morceaux distincts, c’est un album assez complet.

5. Stereolab, Sound-dust, 2001

J’adore les albums de Stereolab de la fin des 90s au début des années 2000, ma période préférée. Celui-ci est incroyablement riche, avec arrangements (de vents notamment) superbes, des structures et des mélodies vraiment éblouissantes, comme sur la suite constituée par les 2 premiers morceaux, Black Ants in Sound-dust et Spacemoth. Merci à Johan Girard des Dorian Pimpernel de m’en avoir reparlé ; je pensais préférer Cobra, excellent aussi, mais je crois que celui-ci l’emporte à présent.

Social Kaleidoscope, le premier album de Boris Maurussane est sorti le 20 mai 2022.

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