Pond – Stung! : Sous le Soleil d’Australie

Pour son dixième album, le groupe australien Pond – composé en grande partie des musiciens live de Tame Impala -fait dans le classique: du rock psyché rythmé et des explorations musicales dans un ensemble qui ne manque pas d’énergie.

Pond
Michael Tartaglia

Alors que Kevin Parker est devenu l’un des producteurs les plus courtisés de la planète pop, l’Australie peut toujours compter sur Pond pour représenter la scène indie-rock psyché locale. Groupe satellite de l’entité Tame Impala, ses membres Watson, Allbrook et Ryan ont été ou sont toujours des musiciens de la déclinaison live des différentes tournées de cette dernière.
Deux terrains de jeu différents mais où des éléments de langage se recoupent forcément. Ce même goût prononcé pour les envolées de guitare survitaminées, pour l’appétence pop et pour les voyages sonores hypnotiques. Du moins époque Innerspeaker/Lonerism, avant le virage plus électronique du père Parker.

Pond - Stung!Dixième album ici pour la troupe avec Stung!, où l’on retrouve tout le sel déjà entendu précédemment et qui a contribué à son succès. Des morceaux funs et catchy très Impala-compatible (I’m Stung, Neon River, Boys Don’t Crash), du nerf un peu partout porté par la voix électrique de Allbrook, de la superposition d’instruments dans tous les sens pour un ensemble forcément ébouriffant.
Et auquel on peut ajouter en plus un effet funk acidulé du plus bel effet sur l’excellent So Lo où l’affiliation avec Prince est évidente.

Le revers de la médaille avec ce genre de groupe en grouillements constants, à la recherche d’expérimentations, c’est qu’il peut y avoir des ratés ou des choses moins convaincantes. Ici un rythme cassé par les romantiques et oubliable Sunrise for the Lonely ou O’UV Ray, là un instrumental basique avec Elf Bar Blues.
Il n’est pas anormal de perdre le fil dans un tel flou artistique, certes volontaire mais qui tord une fois de plus le cou à une homogénéité que le band n’a jamais réellement réussi à atteindre tout le long d’un projet.
On peut évidemment tout de même s’enthousiasmer lorsque tout s’aligne et qu’une compo non conventionnelle atteint son objectif. Edge of the world pt.3, morceau charnière et pièce centrale du puzzle de plus de huit minutes parvient à ses fins et montre toute l’habilité et le talent de ces musiciens hors pair.

Mais c’est bien dans la «simplicité» que Pond trouve sa feuille de route, en se contentant d’être des mecs cool et solaires. Sur ce créneau, au rythmé effréné, ils ne se ratent jamais et offrent de très agréables moments rock’n’roll, un peu psyché, un peu surf et surtout d’une efficacité implacable. Des titres comme Black Lung ou Last Elvis viennent remettre une pièce dans la machine à tubes indie que peuvent être ces garçons. Et même être crédibles dans le domaine pop, comme sur ce final réussi Fell From Grace With the Sea.

Rien de nouveau sous le soleil australien, Stung! ne vient ni révolutionner le genre ni marquer de virage profond dans la discographie d’un groupe sympathique au demeurant mais aux limites d’aspirations artistiques sans doute atteintes. Il y a encore de quoi bien manger en picorant à droite à gauche et on se contentera de ça.

Alexandre De Freitas

Pond – Stung!
Label : Spinning Top / Modulor
Date de sortie: 21 juin 2024

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