Après le succès considérable de Born a Loser, premier album solaire où musique électronique et pop faisait beau ménage, Myd prolonge la fête jusqu’au bout de la nuit avec Mydnight. Le producteur de chez Ed Banger fait ici la part belle à la French Touch et à la techno des 90’s.

Printemps/été 2021, souvenez-vous, pas une story pas une publication sur les réseaux sociaux ne se faisait sans retrouver en arrière son la même mélodie : The Sun. Tube viral à la limite de la saturation, il permettait à son auteur Myd de se faire une place en solo, émancipé de Club Cheval, entité électro qui avait eu ses heures de gloire aux détours des années 2010. En découlait Born a Loser un premier album sorti au sein du prestigieux Ed Banger, dans cette même veine fraîche avec un mix house et disco sous fond d’indie-pop chaleureux et bien senti. Cocktail parfait pour être écouté par tous en toutes occasions ensoleillées.
Le succès digéré, le producteur nordiste se savait forcément attendu pour une suite où il faut savoir se réinventer tout en gardant la marque de fabrique locale, l’aspect hitmaker désintéressé. Un retour au charbon officialisé, bien avancé qui va connaître une bonne grosse tuile, vieille comme le monde : la perte d’un sac contenant le disque dur des nouvelles compositions. Un retard de livraison donc mais pas de quoi désarçonner le garçon pour autant. Très présent sur les Internet, il va se servir de sa mésaventure pour se lancer dans un projet fou, un live h24 sur Twitch de quelques jours pour reconstituer les morceaux avec l’aide bienvenue des viewers. De l’expérience ressortiront deux tracks, Song For You et The Wizard, sorties au printemps dernier et qui, outre l’aspect event, donnent surtout la tonalité de ce second disque.
Là où son prédécesseur était un warm-up parfait pour accompagner l’apéro, le barbecue prolongé au bord de la piscine, Mydnight en est une logique suite temporelle pour poursuivre la fête jusqu’au bout de la nuit. Un côté club tout de suite évident sur les singles donc, entre samples pitchés, boucles rapides et filtres house pour le premier sus-nommé quand le second est carrément techno. Deux facettes que l’on va retrouver tout au long des 14 titres composant l’album.
Les influences sont clairement à retrouver du côté des nineties, entre French Touch (Sweatin’ et le très Daft Punk des débuts Make Me Alive) et des éléments plus britanniques, proche du breakbeat des Chemical Brothers par exemple (A.M.E.R.I.C.A.). Une ambiance résolument calibrée dancefloor à laquelle il est difficile de résister tant tout est méticuleusement construit pour être facile d’accès sans être putassier – allez, So High est peut-être la grosse ficelle un peu too much – et pensé de manière positive.
A la manière d’un Jamie Xx de l’autre côté de la Manche, l’atout de Myd réside dans sa faculté à associer la partie électronique de son ADN à des visions musicales plus globales, proche indie. On retrouve ici cet aspect déjà présent sur Born a Loser avec des morceaux tels que Our Home, Since You’ve Been Gone ou Be Someone New là où l’exotique All That Glitters is not Gold se fait carrément pop et ouvre des perspectives de studio possibles à son créateur. Des aérations bien senties, venues casser la linéarité que peut parfois être un disque 100% club. Ce dernier versant atteint lâche complètement les chevaux dans la dernière ligne droite et atteint son apogée avec l’irrésistible duo In My Head/The Wizard pour clore la fête de la manière qui soit.
Mydnight est la confirmation du talent certain de Myd en matière de musique électronique et d’entertainment. Un pont qu’il maitrise malicieusement pour ne jamais trop pencher ni d’un côté ni de l’autre et garder l’équilibre parfait des forces. Sortez vos plus beaux souliers et venez sur la piste.
Alexandre De Freitas