Dans Killing Me Softly, Jacky Schwartzmann imagine un tueur à gages qui se retrouve empêtré dans une série d’ennuis pas possibles. Un polar parodique aussi absurde que jubilatoire dans lequel les répliques qui font mouche à chaque page.

On peut être un bon père de famille, un mari aimant et dévoué, tout en étant un tueur sans état d’âme. C’est le cas de Madjid Müller, tueur à gages aguerri et consciencieux, mais aussi père d’une adolescente facétieuse qui multiplie les frasques au lycée, et mari d’une épouse à qui il ne peut rien avouer. Elle le croit agent de la DGSE. La bonne blague.
Madjid exerce son métier depuis des années, sans pour autant que la routine ne s’installe. Car chaque contrat est une aventure. D’ailleurs, dès les premières pages, le ton est donné. Sa nouvelle mission consiste à liquider le guitariste tête à claques du groupe de rock Måneskin. Pour s’en approcher, il se fait embaucher dans le staff de Rock en Seine afin d’accéder aux loges. Ni vu ni connu, la vedette au monosourcil est retrouvée morte, la tête dans la sciures des toilettes sèches.
« (…)Thomas ne comprend pas ce qui lui arrive et c’est normal. J’ai omis de lui dire que ce n’était pas de la coke, mais de l’héroïne pure. C’est la première fois que j’utilise ce modus operandi. Je suis très satisfait. Il vomit, il est complètement schlass, le regard d’Arielle Dombasle quand elle a chanté à la cérémonie d’ouverture des JO de Paris.(…) »
Fou rire garanti.
Et puis arrive une mission un peu particulière : éliminer un vieux pédophile dans son EHPAD. Un jeu d’enfant, en apparence. Sauf que le commanditaire a payé un supplément : il souhaite couper la bistouquette du vieux avec un sécateur avant que celui-ci ne clamse. Pourquoi pas… Madjid en a vu d’autres.
Mais comme souvent, « les choses entraînent les choses, le bidule crée le bidule, y a pas de hasard » comme dirait Albert Quentin à Gabriel Fouquet. Résultat, notre sympathique tueur se retrouve empêtré dans une série d’ennuis invraisemblables qui vont s’empiler les uns sur les autres.
Les lecteurs familiers de Jacky Schwartzmann ne seront pas dépaysés avec ce nouveau roman. L’auteur excelle toujours autant à imaginer des situations toujours plus abracadabrantesques, aussi savoureuses qu’ubuesques, que l’on visualise sans peine tant l’écriture est vive et cinématographique.
Avec un sens de l’absurde parfaitement maîtrisé, il livre ici un polar parodique d’une rare drôlerie, évoquant par moments l’esprit des meilleurs San-Antonio. L’imagination est débordante, le sens de la formule fait mouche à presque chaque page. Bref, on ne s’ennuie jamais dans ce roman ultra-rythmé, plein de rebondissements et de surprises, qui se lit d’une traite… et surtout, le sourire aux lèvres !
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Benoit Richard
