Mon Rovîa signe le plus beau disque folk de ce début d’année 2026 avec Bloodline. Porté par une écriture intime et pudique, l’artiste d’origine libérienne dévoile des chansons dans un style « afro-appalachien » lumineux. Un vrai feel-good album !

Mon premier véritable coup de cœur musical de l’année est signé Mon Rovîa. Derrière ce nom de scène (évidemment inspiré par la capitale du Libéra) se cache Janjay Lowe, un jeune homme né au… Libéria, adopté très jeune par un pasteur américain et aujourd’hui installé à Chattanooga, dans le Tennessee. Avec Bloodline, son second album studio, il poursuit une œuvre profondément autobiographique, où affleure en filigrane son enfance marquée par la première guerre civile libérienne, mais sans jamais tomber dans un récit frontal ou dans le pathos.
La musique de Mon Rovîa qui évoque la nature et plsu précisément les vastes paysages du Montana, s’inscrit dans ce qu’il définit lui-même comme un folk « afro-appalachien », un style hybride où les sonorités d’Afrique de l’Ouest se mêlent à la tradition folk américaine. Pour ce qui est de l’instrumentation, il privilégie majoritairement les sonorités acoustiques (guitare, banjo, mandoline ou ukulélé), soutenues par des arrangements discrets de cordes et de piano qui apportent beaucoup de rondeur et de chaleur à un ensemble qui n’en manque pourtant pas.
Au fil des titres, Janjay Lowe aborde des thèmes comme l’exil, la transmission, la violence et la mémoire familiale, avec toujours beaucoup de pudeur et de retenue. Sa voix douce et réconfortante sert de fil conducteur à ses folk-songs, dont certaines évoqueront Bon Iver ou Iron & Wine, ou encore Paul Simon, notamment sur le titre Field Song, sans doute le plus rythmé de l’album.
Composé de seize titres courts et intenses, l’album se déploie comme une sorte de carnet de souvenirs, on l’imagine, pour certains assez douloureux et chargés en émotions. Un ensemble à la fois pudique et lumineux, une œuvre sensible et profondément humaine, qui touche par sa sincérité mais aussi et surtout par sa beauté et sa richesse musicale. Sûr que l’on reparlera de Mon Rovîa dans les mois ou les années à venir.
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Benoit RICHARD
