Le duo Pia Isaksen/Gary Arce signe un deuxième album à la beauté fragile, point de rencontre gracile entre la glace et le sable. Un disque sensible et subtil.

SoftSun est né de l’improbable rencontre entre Gary Arce, guitariste californien de Yawning Man, et de Pia Isaksen, bassiste/chanteuse norvégienne de Superlynx. Cette union artistique entre le désert et les fjords a débuté par des fiançailles, en 2020, quand l’Américain est apparu sur le premier album de Pia, projet solo de la vocaliste.
Le mariage célébré ensuite sous le nom de SoftSun– un nom parfait qui colle à merveille aux chansons composées par le duo – a accouché d’un premier bébé, le bijou Daylight in the Dark (2024), puis de ce deuxième, Eternal Sunrise, sorti en novembre 2025.
Entre shoegaze et post-rock, cet album crée une atmosphère ouatée, nébuleuse propice à la rêverie, au songe d’une nuit d’été, sous un ciel clair parsemé d’étoiles, quand la chaleur décline peu à peu pour laisser place à un vent timide, à un léger frisson, non pas de froid mais de douceur.
Dès le titre inaugural, Sacred Heart, une mélancolie vaporeuse attire vers un ailleurs mystérieux, vers la lumière chancelante d’un crépuscule pastel. Sur ces fragiles aquarelles, la basse, profonde, trace parfois des contours sombres, comme sur l’inquiétant Sleep the Day Away.
Sur une batterie aux lentes pulsations, assurée par Robert Garson, les guitares mélodiques, teintées de réverbération, se déploient, patientes, en toute quiétude, écrin parfait pour la voix éthérée, hantée de Pia, comme une mélopée.
Une lutte amicale et majestueuse, dénuée de toute haine, traverse les compositions qui naviguent entre le desert rock et des réminiscences alt-rock, entre la distorsion et la fluidité : Cremation Sunlight, conclusion magnifique, est le meilleur exemple de cette tension naturelle et paisible.
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Christophe Grès
