[Live Review] Bass Drum of Death et Pythies à la Maroquinerie (Paris) : douchés à la bière et au rock’n’roll

2026 a pris enfin son envol, grâce au début de la tournée européenne des terrassants Bass Drum of Death qui débutait en France – en passant par Paris – cette semaine : et oui, l’année a commencé très, très fort !

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Bass Drum of Death à la maroquinerie – Photo : Robert Gil

Ceux qui étaient déjà à la Maro en octobre 2022 pour le dernier passage des Américains de Bass Drum of Death – l’un des secrets les mieux cachés du Rock, tant on parle là d’un groupe hors du commun, conjuguant d’excellentes compositions à une énergie scénique garage démentielle -, s’en souviennent encore : ça a chauffé très fort cette nuit-la. Et tout le monde espérait bien retrouver la même folie, ce soir, au même endroit, d’autant que Six, leur dernier album, est particulièrement réussi. Restait à savoir si la Maro serait suffisamment remplie pour que l’ambiance soit torride, la période étant encore peu propice aux concerts, et Bass Drum of Death n’arrivant toujours pas à faire les gros titres dans la presse ou sur les sites musicaux…

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20h00 : Seulement trois mois après leur ouverture pour Gyasi, revoici le trio féminin de Pythies sur cette même scène, nous proposant grosso modo la même setlist, pour quarante-cinq minutes qui auront les mêmes qualités, mais souffriront des mêmes défauts que la dernière fois. Avec en plus, le handicap d’une scène moins bien agencée, avec leur batterie au milieu, empêchant de fait quasiment Louise (la guitariste) et Lise (la chanteuse bassiste) de venir guerroyer sur le devant. Il nous sera donc difficile d’offrir un commentaire original sur ce set, musicalement sympathique : ce sera l’habituel mélange de rock indie, de grunge, et de punk, joué avec conviction par trois jeunes femmes qui en veulent et ne manquent pas de talent. Mais avec le même handicap que la dernière fois, c’est à dire des titres assez passe-partout, qui accrochent difficilement. Certes, les trois derniers morceaux sont bons – et il ne faut pas oublier que l’un d’entre eux, Fuck The Pain Away, est une reprise de Peaches ! -, mais on a un peu tourné en rond avant d’en arriver là. Dans les points possiblement à améliorer pour que Pythies soient plus impactantes, le son de la basse reste assez ordinaire, alors que Lise est une bonne musicienne. Ce son vaudrait la peine d’être travaillé, en profitant de l’opportunité de l’enregistrement annoncé de leur premier album… Sinon, Lise devrait aussi comprendre que ce n’est pas en se plaignant lourdement que le public en face d’elle est mou, triste, etc. qu’elle va gagner notre cœur. Et d’ailleurs, si elle est restée au set de Bass Drum of Death, elle aura pu constater que le public de la Maro était bien tout sauf mou et triste…

2026 01 21 Bass Drum of Death Maroquinerie RG (7)21h15 :  les frères John et Jim Barrett sont donc de retour à Paris, sous le pseudonyme de Bass Drum of Death, et accompagnés à la batterie par Ian – la machine qui tue – Kirkpatrick. Comme d’habitude, John est à droite, joue principalement la guitare rythmique – qui sonne régulièrement comme une basse, en en compensant naturellement l’absence -, chante avec pas mal d’écho sur la voix, et reste relativement immobile et concentré. Brother Jim est a gauche, au centre, un peu partout, y compris dans la foule à la fin : il nous livre des soli enflammés, mais est aussi largement responsable du gros capital sympathie dont bénéficie le groupe, grâce au sentiment de bonheur de jouer qu’il dégage, mais aussi de ses interactions permanentes avec le premier rang.

Le concert débute particulièrement bien avec une version parfaite du classique des débuts de Bass Drum of Death, Nerve Jamming. C’est tellement bon que les larmes nous en viennent en yeux dès les premières minutes : deux guitares acérées qui tricotent ensemble une chanson puissante et tranchante à la fois, une sorte d’apogée du Rock’n’roll dans ce qu’il a de plus simple, de plus franc et de plus excitant.

2026 01 21 Bass Drum of Death Maroquinerie RG (10)Et, de fait, après une ouverture aussi forte, la première partie du concert, sans s’assagir, ce qui serait un terme inapproprié pour un tel groupe, semble simplement très bonne. Deux constatations : une surprise, c’est le faible nombre de morceaux tirés du dernier album, pourtant très convaincant : quatre titres seulement sur vingt, c’est peu, et c’est dommage. Et l’autre, très positive, c’est que, avec le temps qui passe, Bass Drum of Death devient de plus en plus solide musicalement, entre chansons impeccables et immédiatement séduisantes, et élégance technique. Il y a certains moments où l’on a le sentiment d’écouter le meilleur classic rock des décennies précédentes, mais rehaussé de la fougue garage punk typique de notre époque : le meilleur des deux époques, en quelque sorte. C’est particulièrement sensible sur un magnifique Find It qui arrache des cris de joie dans une Maro qui va entrer en ébullition.

On est à la moitie du set, et à partir de là, la pression et l’excitation ne vont plus redescendre : il est difficile de rester sur nos deux jambes au premier rang, nous prenons aussi une bonne pinte de bière sur la tête et les vêtements par un surdoué qui a dû penser (?) que la meilleure manière de se débarrasser de dix euros qui l’encombraient dans sa poche était d’acheter une bière, puis de la jeter entière sur les spectateurs et… sur John. Qui restera, lui, comme toujours, stoïque, et demandera juste une serviette supplémentaire pour essuyer ses pédales de son et le sol afin de ne pas glisser.

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Une petite dizaine de chansons s’enchaînent sans aucun temps mort, chacune dans un genre musical différent, toutes jouées pied au plancher, toutes accueillies avec enthousiasme par un public totalement conquis. Jusqu’à un Shattered Me et un Get Found qui signalent la fin officielle des hostilités, au bout d’une heure.

Mas ce soir, nous allons être gâtés, avec un rappel de trois titres : deux grenades dégoupillées qui explosent en faisant des ravages dans nos têtes, nos jambes et nos cœurs (No Demons et l’inévitable / incontournable / indémodable Crawling After You), séparées par une surprise, un nouveau titre – enfin, on imagine – rajouté au stylo sur la setlist, New Ride.

Une heure dix au total, ce qui est riche de la part d’un groupe qui – et on le comprend, vu l’intensité et le rythme – dépasse rarement une heure de set. Mais on nous a confié qu’ils avaient été particulièrement heureux la veille de la première date de leur tournée européenne, à Tourcoing, et qu’ils étaient arrivés a Paris en pleine forme. Vue la folie ce soir, ça devrait se passer très bien demain soir au 106 à Rouen !

Concluons donc comme en 2022 : Rock’n’roll !

Pythies :
Bass Drum of Death :

Eric Debarnot
Photos : Robert Gil

Bass Drum of Death et Pythies à la Maroquinerie
Production : Base
Date : le mercredi 21 janvier 2026

Les prochaines dates de la tournée de Bass Drum of Death en France :
Laval – Le 6par4 – 24/01/2026
Nantes – Le Ferrailleur – 27/01/2026
La Roche s/Yon – Le Quai M – 28/01/2026
Bordeaux – Les Vivres de l’Art – 29/01/2026
Clermond-Ferrand – La Coopérative de mai – 30/01/2026
Lyon – Le Périscope – 31/01/2026

Leur dernier album :

SixBass Drum of Death – Six
Label : Cobraside
Date de parution : 12 septembre 2025

 

 

 

 

 

 

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