Les Wampas poursuivent leur chemin sans se soucier des modes, fidèles à eux-mêmes. Rock ils sont, rock ils resteront, dans le sillage d’un Didier Wampas en pleine forme, goguenard, les deux mains en haut du guidon. La classe, on l’a… ou on ne l’a pas !

Les Wampas… 40 ans d’existence sans concession, des concerts par centaines, quelques tubes, des sorties régulières d’albums et l’impression que la bande à Didier a toujours accompagné nos existences, de notre adolescence débridée à nos heures rangées de père de famille. De loin parfois, comme un vieil ami perdu de vue, parti vivre une autre vie. Et, un jour, au hasard d’un bar, on se retrouve coude à coude à ressasser en toute fluidité les souvenirs heureux d’anciens combattants… ou à écouter « Où va nous ? », quinzième LP des fans de Rahan.
Dès la ligne de basse du premier morceau (le single Où va nous ?, entre abattement et colère), dès les premières paroles chantées toute gouaille dehors par Dédé, dès le premier riff de guitare, nous voilà en terre connue et rassurante. Du rock’n’roll simple asséné sans chichi, enregistré en condition live pour donner du tranchant à quinze chansons concises (40 minutes!) et sans gras, franches et directes. L’humour et l’ironie sont présents (Anarchiste intermittent – quel titre ! – ou Punk ouvrier, morceau qui figurait sur le premier album solo du chanteur), comme l’autodérision (Pipi au lit) et ces regards tournée vers le passé, sans nostalgie ni tristesse (Les chansons sur toi, où Chirac croise Marilou, où les abeilles côtoient le vélo) ; même Jean-Luc, hommage à Jean-Luc Le Ténia ne sombre pas dans le pathos.
Les cinq musiciens, ensemble depuis dix ans, fidèles à l’histoire du groupe, naviguent entre twist, punk (« J’ai les nerfs », tout est dit en 1’37’’) et rock alternatif (« Gaëtane »), enrichis de refrains dont l’efficacité réside dans la simplicité. Gonflé d’énergie, musclé comme les mollets d’un cycliste, porté par des guitares incisives, Où va nous ? est une tape amicale virile mais gorgée de tendresse, de celle que l’on réserve à son meilleur pote.
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Christophe Grès
