[Prime] « Steal » : un pétard mouillé

Thriller financier improbable, entre La Casa de Papel et Industry, les six épisodes de cette production Amazon britannique semblent caractériser ce que la série lambda a tendance à devenir : un divertissement tiède, percutant au départ, et qui finit en lassante banalité peu vraisemblable.

Steal
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Tout est en place pour d’emblée nous séduire : le premier épisode de Steal tient parfaitement ses promesses. Le braquage high-tech d’une société financière de la City of London, une mise en scène nerveuse, une tension palpable, des acteurs au diapason (et quel plaisir de retrouver Sophie Turner depuis Game of Thrones !). Et des questions qui se posent : pourquoi ce braquage ? Des complices au sein de l’entreprise ? Comment est-ce possible ?…et le téléspectateur de se dire « ah, enfin un petit thriller nerveux en 6 épisodes à binge-watcher pour l’éclate ! » Las, l’excitation retombera dès l’épisode suivant…

Steal affiche

Et c’est un peu là le problème de pas mal de séries actuelles qu’on regarde avant de les oublier rapidement pour les plus chanceuses, ou qui nous déçoivent très vite pour la plupart d’entre elles… Une fois que l’on a mordu à l’hameçon de la recette facile mais efficace, implacable même, plus personne ne fait d’effort. Ni nous, ni les concepteurs de séries… Le scénario s’enlise alors entre rebondissements improbables et qui ne redoutent même plus d’être douteux ou rocambolesques, avec des raccourcis foireux pour ne pas se perdre dans des intrigues annexes dont on se fout clairement, et de petites longueurs pour arriver à produire six épisodes de 50 minutes (le standard pour un format mini-série en Grande-Bretagne), et donc répondre au cahier des charges.

C’est tellement dommage, puisqu’on avait au départ un casting plutôt alléchant, une ambiance britannique qu’on a plaisir à retrouver en général, et une histoire qui aurait pu continuer sur son lancement solide au lieu de nous prendre pour des avaleurs de séries non-stop à moitié endormis devant notre téléviseur.

Steal reste donc un produit correct, quasi-inoffensif, et surtout pas original, ce qui lui ferait courir le risque de trop faire parler de lui… On va dire qu’il remplit son contrat de visionnage pas désagréable du dimanche soir, quand le spleen de la reprise commence se ressentir, et qu’on a besoin d’un petit quelque chose de réconfortant et pas trop fatigant – et pas de navet hein, on se respecte – pour ne plus penser au boulot de demain et des collègues à affronter. Et peut-être frissonner à l’idée qu’un braquage pourrait avoir lieu aussi demain… qu’est-ce que je ferais à leur place… ? – et sourire un peu avant d’éteindre et d’aller se coucher.

On n’en demande pas plus, et de toute façon, Steal ne donne pas davantage. Il faut s’en contenter, en espérant que cela ne devienne pas non plus la norme.

Jean-françois Lahorgue

Steal
Mini-série (Royaume-Uni) de Sotiris Nikias
Avec : Sophie Turner, Jacob Fortune-Lloyd, Archie Madekwe
Genre : thriller
6 épisodes de 50 mn environ mis en ligne (Amazon Prime Vidéo) le 21 janvier 2026

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