A l’occasion de la sortie de son remarquable nouvel album, One Mississipi, le Bluesman Eric Bibb jouera au New Morning le 20 février. Nous avons voulu comprendre ce que ce disque représentait dans sa carrière, lui que l’on sait passionné par l’histoire du Blues et de la culture afro-américaine…

Benzine : Ton nouvel album s’intitule One Mississipi, quel était l’origine de ce projet ?
Eric Bibb : Il n’y a pas vraiment une origine, je suis quelqu’un qui enregistre en permanence : quand un disque sort, je suis déjà en train de travailler sur le suivant. J’adore écrire des chansons ! L’album est donc dans la continuité des précédents, mais il vient aussi de l’idée d’écrire de nouvelles chansons qui se focalisent sur l’Histoire, sur des histoires. Le Mississipi, c’est un mot iconique pour le Blues, mais c’est aussi une endroit où il y a une histoire brutale. Janice Ian, une amie à moi, une collègue d’école, avait écrit une chanson qui s’appelle One Mississipi, et je me suis dit : voilà un titre parfait pour cet album, c’est un mot qui a tellement de sens !
Benzine : Donc du coup, dirais-tu que ce nouvel album est différent de tes précédents ?
Eric : Je dirais qu’il est plus ambitieux, et que, même s’il est focalisé sur des chansons « country-blues », il déborde vers des sons plus contemporains, y compris vers le folk.
Benzine : Tu vis maintenant en Suède, est-ce que ça a un impact sur ta musique, le fait que tu es maintenant loin des sources de ta musique, le Blues ?
Eric : C’est une bonne question. Vivre en Scandinavie m’a permis d’être plus « relax ». Être un Afro-américain aux USA signifie beaucoup de pression. Je suis heureux d’être dans une position de regarder ce qui se passe aux USA, en ce moment en particulier, avec un certain degré d’objectivité. De distance, ce qui est une bonne chose. De voir de manière plus claire ce que sont les problèmes… Et je pense que les problèmes sont liés au fait que les Américains ne connaissent pas assez leur histoire. Ils se cachent même de leur Histoire !

Benzine : Ta musique est donc plus réflexive, de ce fait. Si on revient à cet album, qui est particulièrement bien accueilli par la critique, y a-t-il des chansons dont tu es particulièrement fier ?
Eric : Oui, je crois qu’il y a quelques chansons très fortes sur One Mississipi. Il y a une chanson, principalement avec ma guitare acoustique, la dernière du disque, We Got To Find a Way : celle-là, j’aimerais bien voir, dans quelques années, des gens la reprendre et la jouer. Il y a aussi This One Don’t, qui est un morceau fait pour danser, qui est funky, et a l’air d’être populaire, déjà…
Benzine : En parlant de musique populaire, est-ce que tu penses que le Blues, qui est une musique ayant une longue histoire, peut encore plaire aux jeunes générations ?
Eric : Oui, j’en suis certain… De plus en plus, en fait, je vois des jeunes venir à mes concerts. Et la clé, c’est de jouer de nouvelles chansons, plus contemporaines, de ne pas se cantonner seulement aux « classiques »… Les chansons doivent parler d’aujourd’hui, des problèmes d’aujourd’hui. Parce que, à l’origine, le Blues de « nos héros » parlait bien de leur vie à eux, à l’époque…
Benzine : Tu viens jouer régulièrement à Paris ?
Eric : Je viens y jouer une fois tous les deux ans, environ… Paris, c’est comme New York, comme Londres, c’est un endroit où les gens font attention à la musique. C’est donc un endroit où je joue pour mes fans, mais je pense que le nouvel album va attirer aussi de nouveaux fans. J’ai hâte d’y être.
Benzine : Ce sera un concert solo au new Morning, ou avec un groupe ?
Eric : Avec un groupe ! Ce sera à la fois intimiste, mais ce sera également fait pour danser !
Propos recueillis par Eric Debarnot
Photos : Jan Malmstrom
Eric Bibb sera au New Morning le vendredi 20 février 2026
Son dernier album :
Eric Bibb – One Mississipi
Label : Repute Records AB
Date de parution : 30 janvier 2026
