Après un premier documentaire remarquable en 2025, Marion Angelosanto nous offre cette fois une mini-série documentaire en douze épisodes, poursuivant ainsi le récit d’un lieu et de ses habitants, pris dans l’engrenage de l’insalubrité.

On avait été séduit par Appartement proche Paris, charme atypique, le documentaire signé Marion Angelosanto, qui retraçait en 56 minutes le quotidien chaotique de son immeuble parisien. Un récit à hauteur d’habitants, décrivant les galères, les tensions et la mobilisation d’une petite communauté aux origines et aux conditions sociales diverses, déterminée à sauver un immeuble en piteux état.
Un an et demi plus tard, la réalisatrice revient sur arte avec une mini-série documentaire composée de douze épisodes de cinq minutes chacun. Marion prolonge ainsi son récit en s’attachant à dialoguer avec les habitants et à montrer l’évolution de travaux interminables censés redonner vie à ce bâtiment dont la façade continue pourtant d’afficher une trompeuse élégance.
Grâce à un montage inédit et à l’utilisation de rushes non exploités dans le premier film, Marion Angelosanto enrichit la galerie de personnages. De nouveaux habitants apparaissent, jeunes ou âgés, majoritairement modestes, certains très précaires, tous confrontés aux mêmes difficultés. Au fil des épisodes, ils racontent leur quotidien, leurs inquiétudes, leurs espoirs, parfois leur désir de quitter un lieu devenu invivable. L’insalubrité, qui a progressivement gagné l’ensemble de l’immeuble, a lourdement endommagé les appartements et fragilisé la structure ainsi que certains de leurs occupants.
Avec un humour salvateur, la réalisatrice se filme autant qu’elle filme les autres. Elle fait revivre quatre années de tensions, de faux espoirs, d’incompréhensions administratives, mais aussi de solidarités. Un récit collectif qui témoigne de la vie de ces habitants de banlieue, liés par un même espoir : voir leur lieu de vie survivre malgré une dégradation continue.
On retrouve dans cette mini-série, la chaleur, l’humanité et la sensibilité qui faisaient la force du film de 2025. Il met à nouveau en lumière les absurdités d’un système kafkaïen, aggravées par des décisions politiques pour le moins contestables, comme celle d’installer 300 consommateurs de crack dans un centre ouvert à seulement 50 mètres de l’immeuble.
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Benoit RICHARD
