Echo Says Echo – Aithaleia : au-delà du post-rock

Echo Says Echo confirme avec son deuxième album une ambition rare : redessiner les contours d’un post-rock trop souvent figé dans ses codes. Un disque dense et habité, qui préfère la nuance à la démonstration et la profondeur à l’esbroufe.

Echo-Says-Echo

Depuis Paris, Echo Says Echo envoie des signaux rassurants : ceux d’une musique instrumentale qui éclaire à plein feu le paysage des productions post-rock, déployant un éventail de variations rythmiques, des cortèges comme des murmures, additionnés à des millions de radios branchées sur le même programme. Une unité qui renforce l’impression d’un orchestre philosophique voué à alterner les atmosphères.

AithaleiaCertains courants musicaux se situent à des siècles de distance, en dépit des arguties et des distinguos les plus subtils ; la vacuité de l’instant présent se joue à la seconde près. De même, sa représentation musicale prolonge sa propre voie dans un sentier frayé par des voyageurs durant plusieurs décennies. L’engouement pour tout ce qui se rapproche d’un « post-genre » a laissé un peu de répit à la lente agonie d’une paroisse de fans inconditionnels, cherchant vainement à reconstituer l’essence musicale des origines (compositions longues, spoken word hypnotique, titres à rallonge) pour tenter d’égayer, un tant soit peu, une musique instrumentale parfois interminable. Mais assez de ces préliminaires : tournons-nous vers ce disque qui arrive sur la piste 2026.

La dernière écoute est celle qui vous rattrape et vous ramène à la première impression : celle d’avoir vécu instantanément quelque chose d’authentique et de vivant. Echo Says Echo, justement, propose autre chose dans ce deuxième album, en inventant une ponctuation absolument sans artifices. L’exploitation d’un gisement caractéristique s’accorde avec une écriture précise et étincelante, une exploration de l’obscur dont The Landing a brisé les codes. Voilà que Volta Celeste débarque dans un lent fondu sonore, une ouverture dont les guitares s’emmêlent avant de tresser une ligne mélodique évolutive. Il fallait d’abord passer par Noisy Cave, subtil math-rock électronique rondement mené, pour se resituer par ses nombreux changements modaux. Le groupe puise ses influences dans les structures des premiers albums de Caspian et dans certains éléments de Mogwai ; sur HHID, les guitares shoegaze s’emballent au détour de la troisième minute, accélérant la sensation de vertige.

Justement, ces mondes parallèles peuvent être exploités et juxtaposés dans la création d’un style onirique, échappant aux contraintes de la réalité empirique. L’écriture est ainsi, d’emblée, à l’image d’un pont dont la stabilité unitaire consolide le dépaysement d’un genre trop longtemps étriqué.

Franck Irle

Echo Says Echo – Aithaleia
Label : Voice Of The Unheard Records
Date de parution : le 27 Févier 2026

 

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