[Live Review] Sleaford Mods et SNAYX au Casino de Paris (Paris) :

Nos chers Sleaford Mods sont passés hier soir par le Casino de Paris pour rassurer ceux qui les prédisaient « fatigués », « répétitifs », ou on ne sait quoi : pas de souci, après 90 minutes pleines de nouvelles idées et de vieux trucs, aucune raison de s’ennuyer avec les « Mods » !

2026 03 10 Sleaford Mods Casino de Paris (12)
2026 03 10 Sleaford Mods Casino de Paris (12)

Quand on parle de notre amour pour Sleaford Mods à des gens qui le partagent pas – ce qui est leur droit, la musique des deux énervés de Nottingham étant pour le moins « segmentante », comme le disent les experts en Marketing -, la réponse la plus habituelle est : « Oui, mais c’est quand même toujours pareil ! ». Eh bien, justement, le dernier album des « Mods », construit sur des collaborations, et en particulier certaines très inattendues (Aldous Harding !!!), voit le duo féroce se risquer sur de nouveaux chemins. D’où l’attente que suscitait ce concert au Nouveau Casino : on ne venait pas, cette fois, pour pogoter sur les brûlots les plus classiques de Sleaford Mods, mais bien pour voir si The Demise of Planet X signifierait également un changement en live.

2026 03 10 SNAYX Casino de Paris (4)20h05 : le public parisien est arrivé tard, comme souvent, mais tout le monde est – de justesse – à peu près là pour accueillir SNAYX, le trio punk de Brighton, qui promet une bonne dose de rage… et de fun. SNAYX, c’est Ollie (basse ultra-saturée, un peu comme chez Nova Twins) et Lainey (batterie violente) à la section rythmique, et Charlie au chant. Pas de guitare en live, mais l’usage de sons pré-enregistrés, ce qui nous frustre toujours un peu (ou beaucoup, c’est selon). Mais très vite, on se rend compte qu’on peut vivre avec, car les titres sont pour la plupart excellents, louchant du côté d’un « hardcore » monstrueux, mais avec une certaine dose de « mélodie » pour qu’on accroche. Et puis Charlie, plutôt dans le spoken word / flow hip hop que dans le chant, a un bel abattage ! Bref, on s’amuse bien, pendant vingt-cinq minutes qui passent très vite. Si SNAYX n’est pas un groupe réellement exceptionnel, c’est un combo efficace et sympathique. On a hâte de les revoir dans une petite salle où la proximité entre eux et le public serait plus grande (curieusement, ce soir, la crash barrier est située particulièrement loin de la scène !)…

2026 03 10 Sleaford Mods Casino de Paris (8)21h00 : cette fois, pour le set de Sleaford Mods, il y a un peu plus de matériel sur la scène que le simple ordinateur d’Andrew posé sur une caisse. Il y a des plaques de lumières autour du duo, deux miroirs qui serviront à renvoyer de temps à autre un faisceau lumineux, et un écran de télévision dans le fond, sur lequel on verra principalement les images des « collaborateurs » qui accompagnent Jason sur certains titres de The Demise of Planet X (et que Jason nous demandera à au moins deux reprises de « remercier », alors qu’ils ne sont pas physiquement présents dans la salle). On parle d’un écran de télévision, car il est probablement plus petit que celui dans votre salon, et ne pourra guère servir qu’à nous au premier rang de la fosse. Bref, Sleaford Mods n’ont pas investi dans du matériel permettant d’animer une grande salle, et quelque part, c’est aussi pour ça qu’on les aime. DIY, mate, DIY ! Pas des « professionnels de la profession », c’est certain.

2026 03 10 Sleaford Mods Casino de Paris (11)Le set – les « Mods » ne seront pas pingres, puisqu’il durera 90 minutes, avec 25 titres – débute de fière manière avec The Unwrap, conclusion smooth du dernier album, puis le grandiose The Good Life (avec le coup de colère de Gwendoline Christie sur l’écran), et enfin le single Megaton, ultra-efficace. Les « Mods » vont jouer ce soir pas moins de 11 des 13 morceaux de leur dernier album, y compris deux ou trois dont on aurait pu se passer, car ils vont faire un peu redescendre l’ambiance (Gina Was, par exemple, est une chanson passionnante, mais elle manque de l’agressivité qu’on attend du duo) : ce focus – que nous attendions, en fait ! – change la coloration du concert, qui sonnera, inévitablement, plus « musical » (on n’utilisera pas le terme de « sophistiqué » pour ne se prendre un coup de boule en pleine face).

Mais pas de souci, le public parisien sera ravi, et on se quittera dans les meilleurs termes à 22h30, même si l’atmosphère ne deviendra vraiment hystérique que sur les trois derniers morceaux : Tied Up in Nottz, Jobseeker (quelle joie !) et Tweet Tweet Tweet nous rappellerons le simple bonheur de sauter en l’air sur des rythmes frénétiques, avec des textes colériques…

Au milieu de ce riche menu, ce sont sans doute les formidables Flood The Zone – presque ska – et Double Diamond (« I’m a sex worker on crack! ») qui nous auront le plus ravis, même si Elitest G.O.A.T. était assez magique aussi (merci Aldous !). Et le plus important, c’est que nous soyons sortis du Casino de Paris avec le sentiment qu’on était loin, très loin, d’en avoir fini avec Sleaford Mods.

SNAYX :
Sleaford Mods :

Eric Debarnot

Sleaford Mods et SNAYX au Casino de Paris (Paris)
Production : Radical
Date : mardi 10 mars 2026

Leurs derniers disques :

SNAYXBetter Days (EP)
Label : Nettwerk Music Group
Date de parution : 9 février 2024

 

 

 

 

 

The Demise of Planet XSleaford ModsThe Demise of Planet X
Label : Rough Trade
Date de parution : 16 janvier 2025

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