Signés sur Rough Trade et précédés d’une rumeur de nouveaux Strokes, The Sophs valent mieux que de savoir s’ils sont ou pas le futur du Rock. Leur GOLDSTAR est un premier album varié dans ses inspirations et prometteur, c’est toujours ça de pris.

Selon certains, The Sophs, signé par le mythique label Rough Trade, seraient le revival du Rock. Vu que l’expression sous-entend « nouveaux Strokes » et que les Newyorkais étaient déjà labellisés « retour du Rock », ce serait donc le revival du revival du Rock ? Certes, le groupe de Los Angeles a un leader photogénique et quelques morceaux évoquent la bande à Casablancas mais cela s’arrête là.
Comme le montre (au hasard) Emerald Fennell qui rêvait (avec le résultat que l’on sait) son Hurlevent en mélo rameutant le public féminin tel Titanic en son temps, rien ne peut se décréter. En particulier la sensation de classique instantané d’un premier album. Definitely Maybe en était un en dépit d’une originalité limitée au style vocal de Liam. Is this it l’est plus que ce GOLDSTAR, alors que The Sophs déploient ici un registre musical nettement plus étendu que les Strokes sur leur coup d’essai/coup de tonnerre.
Le classique instantané, c’est une question d’attitude, d’urgence, d’état d’esprit. C’est aussi une question de rencontre entre une oeuvre et l’esprit d’une époque. On n’est pas sûr (pour le moment) que cet album soit what the world is waiting for in 2026. Mais ce n’est pas grave, on ne va pas juger le groupe en mode tout ou rien comme le faisait il y a des années le NME. Par exemple on va savourer le swing un peu nostalgique avec adjonction ponctuelle de grosses guitares Glam de I just want the dog to die.
Vient ensuite la pop à petites touches flamenco de GOLDSTAR, morceau-titre de ce premier album. Puis c’est le New Wave early 1980s de Blitzed Again. Et le premier morceau à vraiment évoquer les Strokes : Sweat, sa voix à la nonchalance newyorkaise sur fond de boite à rythmes sonnant bricolée.
Suit dans le même registre strokesien en version ballade House. Sweetiepie tente ensuite la country avec distance reedienne, de façon pas totalement aboutie. Après le toujours strokesien Death in the family, A Sympathetic person reprend le swing de début d’album en y ajoutant un côté plus malaisant au niveau sonore.
They told me jump, I said how high est de son côté une version plus aboutie de la tentative de Sweetiepie de croiser musique populaire US traditionnelle et sensibilité newyorkaise : la base rythmique à la La Grange de ZZ Top se marie très bien avec le talk over et des orgues psychédéliques à la Black Keys. L’album s’achève sur le mélange très années 1990 entre son sale et pop en apparence insouciante de I’m your fiend.
Et The Sophs, qui se produit bientôt à la Maroquinerie, aura offert un premier album sous influences et s’en affranchissant déjà.
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Ordell Robbie
