Les années passent, et Suede a toujours le feu sacré sur scène. Et ce n’est pas un passage dans un Olympia à guichets fermés pour défendre l’album Antidepressants qui aura vu le groupe anglais faillir à sa réputation.

Si sa popularité est (hors un certaine notoriété en Asie du Sud-Est) nettement plus insulaire que celle de certains de ses contemporains britanniques, Suede aura laissé quelques albums marquants de l’ère Britpop, et trouvé une deuxième manière artistique en se reformant. Surtout, le groupe s’est imposé depuis ses débuts incandescents comme une valeur sûre scénique.
Après une première partie manquée pour cause de retard, swim school, un groupe d’Edimbourg, Brett Anderson débarque sur la scène de l’Olympia avec Distintegrate, extrait du dernier album du groupe : il semble avoir décidé qu’il fallait en faire encore plus que d’habitude pour chauffer une salle. Applaudissez ! Chantez puisque je vous tends le micro ! Regardez les bouts de paroles présents sur l’écran au cas où vous connaîtriez moins bien les nouveaux morceaux que les classiques des années 1990 ! Le mode micro tournant à la Roger Daltrey est vite mis en route. Brett fait déjà des allers-retours entre les deux côtés et la scène. Il va tout de suite au contact du premier rang (ce dont on n’a pas vu grand chose depuis le milieu d’une fosse archi-serrée, mais des souvenirs de concerts du groupe à La Cigale donnent envie de considérer par principe que ça devait être bien). Et le peuple des fans est servi avec le trio Trash/Animal Nitrate/The Drowners. Pas besoin d’aide pour ces trois-là.
Suit l’un des meilleurs titres de la période reformée: Personality Disorder de l’album Autofiction. C’est là que l’on réalise à quoi sert l’énergie décuplée : à faire tenir ensemble le Néo-Glam de la première partie de carrière et la coloration plus gothique/New Wave des derniers albums. Même s’il n’est pas le meilleur morceau du chef d’œuvre du groupe (Dog Man Star), il est plaisant d’entendre la ballade The 2 of Us. Puis dans les grands moments du set on aura Filmstar, Can’t Get Enough, et un des meilleurs morceaux du dernier album (Trance State et son côté Peter Hook). The Wild Ones est joué en version acoustique, en faisant chanter tout seul le public en début de morceau.
Puis c’est le K.O. final avec la superbe ballade Everything Will Flow, la paire d’hymnes des débuts So Young/Metal Mickey et enfin un Beautiful Ones avec intro à la basse (et avec participation du public) changeant un peu de son habituel début façon Mick Ralphs/Mick Ronson. Le rappel sera celui de la tranquille redescente : l’un des titres les plus accrocheurs du dernier album (Dancing with the Europeans) suivi de Saturday Night.
Pendant le concert, Brett a beaucoup évoqué le « Suede World ». Une planète pour laquelle le public présent dans cet Olympia à guichets fermés a sans doute déjà réservé un prochain séjour.
Suede : ![]()
Ordell Robbie
Photos : Jean-O (Merci à lui !)
Suede à L’Olympia (Paris)
Production : AEG Presents France
Date : 14 mars 2026
Leur dernier album :
Suede – Antidepressants
Label : BMG
Date de parution : 5 septembre 2025
