La Grenze affiche complet ce samedi soir pour la venue de Kid Congo and the Pink Monkey Birds. Le vétéran du punk-rock californien a toujours fier allure, tout comme la setlist annoncée.

Veste noire légèrement pailletée, pantalon noir de rigueur avec le chic du petit foulard rouge noué autour du cou, à 67 ans Kid Congo a conservé son côté juvénile, il installe lui-même son matériel et se montre disponible.
Le chicano-queer est bien entouré. L’excellent batteur Ron Miller, déjà croisé chez The BellRays, assure un jeu sec tout en swing, qui le rapproche de celui de Jim White (Dirty Three, The Hard Quartet), et l’habile guitariste Mark Cisneros, ex-membre de The Make Up, et des Demonas propose un jeu polymorphe parfaitement adapté à celui du guitariste californien. Celui qui a accompagné The Cramps, Gun Club et les Bad Seeds de Nick Cave n’est pas particulièrement un guitariste doué, mais plutôt un designer sonore. Il a toujours pu compter sur des guitaristes plus confirmés à ses côtés (Poison Ivy, Jeffrey Lee Pierce) pour balancer des riffs au bottleneck ou des arpèges toxiques. Ce soir Kid Congo est à l’aise, faisant le show sans trop se soucier de sa partie technique – il joue en accord ouvert – et c’est bien ainsi.

Et c’est avec le très garage-beat The Boy Had It All que la formation installée à Tucson ouvre le bal, suivi du très aride Silver For My Sister. Ces deux titres sont issus de That Delicious Vice, leur dernier album paru en 2024. Plus bordélique Psychic Future (La Araña Es La Vida – 2016) reste assez anecdotique, mais le psychédélique Sean DeLear (EP- 2021) le fera oublier sans mal.
Après quelques anecdotes sur son intégration aux Cramps, voilà que résonne Goo Goo Muck : musicalement très proche de la version du gang de Lux Interior, la voix ne s’en sort pas si mal même si elle a subi les outrages du temps. Prenant de l’assurance, Kid Congo se dandine, se montre presque cabotin. Il présente son dernier single, Aphrodite Expedie, enregistré par Jim Water (The Jon Spencer Blues Explosion, The Little Rabbits etc..). L’utilisation d’une boîte à rythmes et d’une basse programmée déroutent quelque peu. La guitare de Mark Cisneros est groovy, et Kid Congo se met en mode ,spoken word,. Quelques rythmes mariachis s’invitent sur Ese Vicio Delicioso (That Delicious Vice– 2024), avant que La Araña (La Araña Es La Vida -2016) réinvite le garage sixties. Une basse pré-enregistrée entame l’hypnotique He Walked In (EP-2021) pour près de 14 minutes de trance-groove.

Quelques mots touchants sur son ami Jeffrey Lee Pierce, chanteur disparu du Gun Club, et Kid Congo se lance sur une reprise particulièrement réussie de Walking With The Beast (Las Vega Story du Gun Club -1984). Mark Cisneros change de guitare, actionne une fuzz basse puissante pour une version de She’s Like Heroin To Me (Fire Of Love du Gun Club – 1981) plus que convaincant. Des riffs métronomiques annoncent le percutant A Beast A Priest (That Delicious Vice – 2024), vite enchainé au très « Suicide » Wicked World, où la guitare de Cisneros sonne comme le synthé de Martin Rev. La fin du set est annoncée, Kid Congo and the Pink Monkey Birds reprennent sauvagement Call Of the Wighat (Smell Of Female des Cramps– 1983).
En rappel, l’immense Sex Beat du Gun Club (Fire Of Love du Gun Club – 1981) retrouve toute la puissance swamp-punk : le refrain est repris en chœur, avant de qu’il quitte la scène avec Never Said (That Delicious Vice – 2024), une ballade tout en douceur mêlant des arpèges pop à un chant bien inspiré, parfait pour clôturer ce concert.
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Mathieu Marmillot
Photos : La Grenze – François Freundlich (merci à eux !)
Kid Congo and the Pink Monkey Birds à La Grenze (Strasbourg)
Production : U Turn Touring
Date: le samedi 14 mars 2026
Son dernier album :
Kid Congo and the Pink Monkey Birds – That Delicious Vice
Label : In The Red Records
Date de parution : 19 avril 2024
