Johnny Blue Skies & the Dark Clouds – Mutiny After Midnight : The Party

Avec l’album Mutiny After Midnight, Johnny Blue Skies & the Dark Clouds quittent le territoire country pour aller vers le funk seventies… et revenir parfois à la maison.

Sturgill Simpson en 2025 en concert à Birmingham, Alabama. Source: wikimedia commons.

Johnny Blue Skies, c’est d’abord le pseudonyme de Sturgill Simpson, figure influencée par la Outlaw Country et en activité discographique depuis 2013. Une première partie de carrière marquée par plusieurs nominations et victoires aux Grammy Awards. Au cinéma, il a joué un zombie dans The Dead Don’t Die de Jim Jarmusch, pour lequel il a composé un morceau. Pour Scorsese, il a interprété le bootlegger Henry Grammer dans Killers of the Flower Moon.

S’étant promis de ne sortir que 5 albums studio sous son vrai nom, il adopte le nom de scène Johnny Blue Skies à compter de 2024 et de l’album Passage du Desir, album dont la pochette est une photographie d’une porte de la voie privée du même nom du 10ème arrondissement de Paris. Un pseudonyme donné par un barman de Lexington, Kentucky lorsque ce dernier présentait le chanteur lors d’open mics.

Sous le même pseudonyme (et accompagné de the Dark Clouds), Mutiny After Midnight a été annoncé comme un album influencé par le groupe de Jazz Fusion Stuff et Marvin Gaye. Un album d’une réelle unité en dépit de son mélange de morceaux country et de morceaux plus funk (et de morceaux avec un peu des deux). Un album retrouvant la coolitude de ses inspirations. Le Make America Fuk Again inaugural mêle slide guitar et parties de six cordes funk. Pour un morceau qui prend le fameux slogan trumpien pour tenter une restauration un peu différente de celle vendue par l’actuel locataire de la Maison Blanche, celle de l’hédonisme seventies. On peut penser ce qu’on veut de la pertinence politique du propos mais le fil conducteur de l’album est là: la jouissance comme opposition au trumpisme.

Excited Delirium arpente de son côté la route du gros boogie sudiste avec un peu de cuivres funk seventies. Don’t Let Go rajoute lui à de la country classique un peu de cuivres Philly Sound. Stay On That est le retour à du funk seventies, avec une partie instrumentale qu’on aurait pu entendre chez les Bar-Kays. Dans le morceau, le G est autant un accord de guitare que le point… Viridescent revient à du Blues Rock plus classique, avec ceci dit un peu de basse disco.

Sommet dansant de l’album, Situation évoque le Beck qui revisitait le funk de Midnite Vultures. Son texte est sexuellement aussi direct que ceux des débuts du Kid de Minneapolis. Venus revient à du funk musicalement plus classique dans la veine de Stay On That, avec quelques touches de guitare rock sudiste. Everyone Is Welcome est une réussite discoïde. Et Ain’t That A Bitch achève l’album avec un mélange de funk et de guitare rock psychédélique. Avec en refrain un The poor stay poor and the rich get rich nothing ever changes man ain’t that a bitch (Le pauvre reste pauvre, le riche reste riche, rien ne change, mec la vie est une salope, n’est-ce pas?).

Le programme de Mutiny After Midnight était au fond déjà un peu dans son titre, juxtaposition d’un morceau (Mutiny) écrit par Prince, publié sur l’album de The Family puis joué live par le Napoléon du Funk avec celui d’un classique bien connu de J.J. Cale.

Ordell Robbie

Johnny Blue Skies & the Dark Clouds – Mutiny After Midnight
Label : High Top Mountain, Atlantic
Date de parution : 13 mars 2026

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