Les 26 et 27 juin prochains, les amoureux d’Americana (mais pas que…) ne pourront pas manquer ce nouveau rendez-vous incontournable qu’est l’Eldorado Americana Festival. Michel Pampelune, l’organisateur de cet événement, nous en parle…

Benzine : On va parler de ton Eldorado Americana Festival, dont c’est la seconde édition, je crois…
Michel : Oui c’est la deuxième édition, mais c’est en fait comme une première édition, en 2024, on était plutôt sur un « numéro zéro ». On avait testé le concept, alors que cette fois on a investi beaucoup plus de temps pour travailler la préparation. En 2025, il n’y a pas eu de festival, parce qu’on a utilisé ce temps-là pour mieux se préparer, pour trouver des gens, pour aussi mettre un peu d’argent de côté… à la guerre comme à la guerre ! Tout le monde est bénévole, on est une petite équipe, c’est un petit festival, 100% indépendant…

Attention, je ne brandis pas la pancarte indépendant, parce que ce n’est pas forcément synonyme de qualité. Mais quand tu regardes ce genre d’entreprise, il y a une différence si c’est fait par un grand groupe… Il y a de plus en plus de grosses machines par de grands groupes, et il y a des grosses différences de financement pour des indépendants.
Benzine : Pourquoi t’es-tu lancé dans une telle aventure ?
Michel : D’abord parce que c’est intéressant. Pour moi, c’est un retour aux sources, quelque part, ce côté excitant d’une nouvelle aventure, ça me renvoie aux débuts de mon label Fargo. J’ai évolué au fil des décennies, mais je fais toujours le même métier, celui de passeur, sur des musiques d’artistes que j’aime. Mais là, plutôt que de produire des disques, je vais montrer des gens sur scène. Finalement, on est en train de faire en Festival ce que j’ai pu faire avec Fargo. Et ça m’excite, je reste un entrepreneur : en marge de mon travail d’accompagnement d’artistes, j’avais envie d’un autre challenge…
Benzine : Et pourquoi ce format, ce concept ?
Michel : Parce que ça n’existe pas dans l’offre de festivals en France. Il n’y a pas aujourd’hui l’évènement qui me plairait à moi, qui mettrait en valeur les musiques que j’aime. Et ce n’est pas uniquement du Folk, de l’Americana, c’est un agencement de différents styles, qui, une fois réunis sur une même affiche, font sens, dégagent une certaine esthétique, un certain esprit. Eldorado, c’est ça ! On reste sur une base de songwriting d’artistes qui développent des univers. Mais, après, ça peut être de la musique plus « rentre-dedans », ça peut être plus ou moins acoustique.
Benzine : Justement, parle-nous de la soirée du vendredi…
Michel : Pour cette édition, on fait le vendredi soir une soirée d’ouverture, qui va avoir lieu au Château de Poncé, dans un magnifique château Renaissance, à quelques kilomètres du site du samedi. Une soirée purement acoustique : une guitare, une voix et zéro bullshit ! Et très bien sonorisé. Avec Dylan LeBlanc, et une nouvelle venue franco-américaine, qui a beaucoup de talent et qui s’appelle Barbara Forstner. Le lendemain, il y a des full bands, par contre !
Pour revenir à ta question initiale, je fais ça parce qu’il y a tout un tas de musiques que tu ne vois pas en festival. Je le fais aussi moi-même, parce que, sinon, personne ne le fera ! Je suis bien placé pour le faire car je connais beaucoup d’artistes. J’ai envie de les mettre en lumière. Si le projet est pérennisé, ça permettra à certains artistes de faire leurs premiers pas en France, de commencer une histoire.
Benzine : Pourquoi Vancé ?
Michel : J’habite dans la Sarthe depuis dix ans, c’est juste à côté de chez moi. C’est un coin de campagne où le projet sera bien accueilli. Le site du festival est un ancien site d’une scierie, qui a une vraie atmosphère, une « vibe », entre site industriel et « ghost town » américaine. C’est en bois et en métal. C’est un espace qui a un truc, et quand tu rajoutes une scène, des guirlandes, une déco…!!! C’est à moitié couvert, il y aura un market, des disquaires, des libraires, des fringues vintage, des choses connexes. Je m’inspire beaucoup de petits festivals alternatifs que j’ai vus à Austin et à Nashville. Je revendique une petite taille : la capacité est de 1.500 personnes au maximum, il y a une grande scène et possiblement une petite scène à l’intérieur. Mais de toute manière, ça restera « Small Is Beautiful ». Avec le temps, peut-être que le festival évoluera un peu, mais on restera sur ce format-là…
Benzine : Beaucoup de festivals français sont dans le rouge en ce moment…
Michel : La première édition nous a appris certains trucs, on a fait des erreurs, il y a des postes où on aurait pu faire différemment. On va optimiser partout, on a quelques subventions, mais sinon c’est de l’auto-financement, il y aura un petit crowd funding aussi. On a ouvert la billetterie, ce qui nous aide financièrement à engager les premiers frais. Sur le même site, il y a la possibilité de faire un don, je n’ai pas encore mis en avant cette fonction, mais on a déjà des gens qui suivent Fargo et mes aventures depuis le début, et qui ont fait des dons : ça donne la pêche ! Et puis contrairement à 2024, on se fait aider par une équipe de bénévoles du comité des fêtes du coin, et on va se charger nous-mêmes de la restauration et de tout le food and beverage, avec des bénévoles. D’abord, on choisit des produits du terroir, locaux, et le bénéfice est pour nous. En 2024, on avait eu recours à des food trucks, et ce n’était donc pas du revenu pour nous.
Benzine : On va bien manger, alors !
Michel : Il faut ! C’est fini, les festivals avec une bière pourrie, et des sandwiches américains. On est un pays de cochon, on aura du cochon grillé, du jambon à la broche, une rôtisserie de poulets Bio, du bon fromage, on est allés sourcer des vins de la région, entre Vendôme et Tours.
Benzine : Et pour la logistique des festivaliers ?
Michel : Il y a plein de solutions, il y a un hôtel à côté, et on a listé tous les hébergements de tous types, chambres d’hôtes, AirBnB, hôtels, gites, à 30 kms à la ronde, pour les trois départements. On est à l’intersection du Loir et Cher, de l’Indre et Loire, et de la Sarthe. Il y a une grande diversité et pas cher. Sur le site, il y aura aussi un onglet co-voiturage !
Benzine : Pour finir, revenons sur le plus important : la programmation…
Michel : Oui, le samedi, on aura Alela Diane, dont j’ai sorti les premiers disques sur Fargo. C’est une joie de l’avoir pour le 20ème anniversaire de The Pirate’s Gospel, de se retrouver. Il y aura aussi Jessie Sykes & The Sweet Hereafter, dont ce sera la seule date française, le trio Charb’On, et Horsebath, un putain de quintette canadien, qui va sortir son album début avril. Un peu les héritiers de The Band dans la manière de brasser les idiomes de la musique américaine. Et je vais ajouter quelques autres choses…
Benzine : Merci, Michel, on a vraiment hâte d’y être !
Propos recueillis par Eric Debarnot le 6 mars
Billetterie : https://www.helloasso.com/associations/eldorado-americana-festival/evenements/billetterie-festival-eldorado-2026
