To Dice On Ice revient avec un album instrumental où l’énergie est triturée sous différentes pratiques, entre Jazz Noise et musique cinématographique sombre proche du Slowcore, qui ne manque pas de rebondissements.

Il est bon que le public soit prévenu, le second album de To Die On Ice, tout en s’éloignant des contrées habituelles, se conforme à l’univers de la nuit et fait apparaître, de façon cohérente, son sens de l’intervalle spatial, de la direction du mouvement de l’œil, et de la signification visuelle. Tout est structuré dans une œuvre d’art aux multiples angles. L’album laisse entrevoir une scène de Baccanale, l’ivresse des Dieux.
Tension musicale avec contraction instrumentale, là où le saxophone vient lécher les contours de la section rythmique, . La panne des abysses, où les peurs se croisent et remontent à la surface, le récit prend un tournant surréaliste, notamment avec E ALLA FINE TUTTO TORNA, virage où soudain, tout part en de nombreux points de fuites, corps transformés en bolides puis en sous-marins, une étrange odyssée où les sensations de peur transitent via des transmutations.
Comme un microscope qui s’adapte à ce qu’il voit, To die On Ice incarne la mort flamboyante d’un lierre (Edera qui augure l’album avec ses déclamations vocales) tombant sur les ruines de l’enfer, le focus révélant les strates composites d’instruments électriques, où viennent par vagues, les élans fiévreux des guitares donnant la réplique au saxophone, instrument central de ce disque.
C’est comme un livre qui peut se lire fermé. En soulevant la couverture, quelques signes familiers aiguillent la curiosité, une expression de liberté évocatrice d’un rythme, d’où vient cette musique particulière, d’une exquise lenteur, malgré les accélérations presque Jazz Noise de UN SOTTOMARINO TERRIBILE O UN ASTRONAVE INARRESTABILE. Sur L’insomnia, la voix de Vesperine semble provenir d’une bande originale de film de David Lynch.
Le collectif italien réussit à nous transporter là où ses intentions tournent autour d’éléments en furie, jusqu’à tout dézinguer à coup de hache !
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Franck Irle
