Printemps de Bourges 2026 : cinquante ans et pas une ride

Cinquante éditions, et le Printemps de Bourges n’a toujours pas choisi entre Patti Smith et les gamins des iNOUïs. C’est précisément pour ça qu’on l’aime. Du 14 au 19 avril, à Bourges, évidemment !

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Il y a des festivals qui vieillissent, et il y a le Printemps de Bourges. Cinquante éditions au compteur, et l’événement berrichon aborde ce cap symbolique avec la désinvolture tranquille de ceux qui n’ont rien à prouver — tout en ayant, précisément, tout à prouver. Du 14 au 19 avril, la ville se transforme une fois de plus en capitale provisoire des musiques actuelles, et la programmation de cette édition anniversaire dit beaucoup sur ce que le festival a toujours été : un endroit où les générations se croisent sans se regarder de travers.

La soirée d’ouverture donne immédiatement le ton. Patti Smith et Abd Al Malik sur la scène du Palais d’Auron, rebaptisé pour l’occasion Palais Daniel Colling, du nom du cofondateur disparu l’an dernier, c’est un grand écart qui n’en est pas vraiment un. Deux poètes, deux engagements, deux façons de tenir la langue et le monde à bout de micro. La papesse du punk new-yorkais, qui vient défendre un Woman Deserve Rage résolu et solaire, n’a pas fini d’incendier les salles à 79 ans. C’est elle qu’on vient voir comme on va à l’essentiel.

A partir de là, la programmation se déploie en plusieurs directions et c’est là qu’elle devient vraiment intéressante pour qui sait où regarder. Feu! Chatterton, anciens iNOUïs devenus incontournables, ouvrent la soirée du W aux côtés de Vanessa Paradis : deux approches de la chanson française, distantes en apparence, proches dans l’exigence.

La grande nuit rock du festival, elle, se déroule au 22 Est & Ouest le 16 avril, avec un plateau qui fait l’effet d’un direct à l’estomac : Slift, toujours plus massifs et libres, ProstituteThe Haunted Youth et son post-punk belge fiévreux, Body Horror et ses mélodies électriques qui vrillent. Une soirée construite pour ceux qui aiment leur musique avec du grain, du volume et un peu de sueur.

Mais c’est peut-être vendredi 17 avril que le cœur Benzine du festival bat le plus fort. Philippe Katerine et Dominique A partagent la scène de la Maison de la Culture pour Manque-moi moins, soirée déjà affichée complète, où les deux complices s’amuseront à reprendre mutuellement leurs chansons. Un jeu de miroirs entre deux des plus beaux esprits de la chanson française : malicieux, poétique, imprévisible.

La présence la plus improbable de cette édition, ce sera peut-être celle du « folkeux » visionnaire Donovan, 80 ans portés comme une plume, aui investira le Théâtre Jacques Coeur le samedi 18 pour une soirée qui tiendra sans doute du miracle doux.

Et puis il y a les iNOUïs, les vrais gardiens de la promesse originelle du festival. Cutting Corners, duo de Bourgogne / Franche-Comté, près de 200 concerts au compteur et un premier album Trampoline Park salué par la presse rock, débarque avec la réputation d’un groupe qui ne laisse personne assis. Leur rock tendu et frontal a tout pour marquer les esprits sur cette scène qui a vu passer, dans une autre vie, Feu! Chatterton eux-mêmes.

Cinquante ans après sa création, le Printemps de Bourges reste ce qu’il a toujours été : le festival où l’on croise Patti Smith et des gamins de Bourgogne qui jouent pour leur vie. Et c’est exactement pour ça qu’on y va.

Printemps de Bourges, du 14 au 19 avril 2026, Bourges. www.printemps-bourges.com

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