Joe Jackson – Hope and Fury : pas désespérant, loin de là.

Si Hope and Fury ne fera probablement pas grand bruit critique, il rappelle que Joe Jackson garde encore un peu de l’inspiration d’écriture de ses débuts.

Photo Franck Veronsky
Photo : Franck Veronsky

 

On ne prétendra pas ici avoir suivi la carrière de Joe Jackson de manière aussi assidue que d’autres rédacteurs du site. Au mieux se souvenir que Look Sharp! faisait partie, avec This Year’s Model de Costello et Squeezing out Sparks de Graham Parker, d’un brelan de chefs d’œuvre dans lesquels l’énergie du Punk se mêlait à des textes écrits en mode acerbe. Ou que Night and Day était plus convaincant que bien des incursions Jazz de rockers de la décennie 1980. Autre petit souvenir : Nineteen Forever, avec son coup de canif contre une certaine culture jeuniste.

On en vient donc à Hope and Fury, exactement le type d’album attendu à ce stade de la carrière de Jackson : pas une réussite majeure mais un travail contenant des éclats de la verve de ses classiques. Si l’ouverture à coloration latino Welcome to Burning-By-Sea rappelle que l’inspiration de parolier est toujours là (« It’s a tramp of a town, and it gets in your blood / Like Red Bull, champagne, lager and coke » – C’est une traînée de ville et ça rentre dans ton sang comme du Red Bull, du champagne, de la bière et du Coca), la musique ne suit pas.

Cela va nettement mieux sur I’m not Sorry, parfait mélange de Salsa/Latin Jazz et de touches de guitare saturée. Made God Laugh est lui tout à fait un morceau dans l’esprit des débuts de l’artiste. Avec en partie un côté ska, Do Do Do évoque vaguement Squeeze du côté de la mélodie. Fabulous People mêle une basse funk à des éléments évoquant aussi bien Night and Day que le Costello de l’époque. Si l’on ne sait trop quoi penser de ses éléments Rock à coloration latino façon Santana période Supernatural, After All This Time emporte le morceau par sa mélodie.

L’approche Latin Jazz cale en revanche sur un peu inspiré The Face. Si End Of The Pier réussit à mêler Latin Jazz et basse Reggae, le morceau, tout à fait écoutable, souffre de ne pas avoir autant d’impact que ceux de début d’album. Mais See You in September achève, après ce petit creux, l’album avec les honneurs. Cette ballade jazzy porte l’ombre de Cole Porter et l’ironie du parolier est bien là, avec notamment ce « It’s not a bad month for a birthday » (Ce n’est pas un mauvais mois pour un anniversaire….).

Hope and Fury ne fera probablement pas les grands titres. Mais à ce stade de la carrière de Joe Jackson, cet album est plus qu’estimable.

Ordell Robbie

Joe Jackson – Hope and Fury
Label : earMUSIC
Date de parution : 10 avril 2026

 

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