Wire – Silver / Lead

Les stakhanovistes de l’Art-Punk sont de retour. Détenteur d’un son chimique unique, Wire sort  Silver/Lead, son seizième album.

Wire by Matias Coral
©  Matias Coral

Le départ de leur guitariste avant-gardiste Bruce Gilbert en 2004, remplacé par Matthew Simms depuis 2011, a fait évoluer la musique de Wire sous des latences plus psychédéliques et abstraites. Avec des albums géniaux comme  Objet 47  ou Red Barked Tree, le groupe a su se montrer, innovant et percutant. Sur Silver/Lead, les anglais ont ralenti le tempo pour mieux servir la Pop. Certes, tordue la Pop. Et à de rares exceptions amphétaminées et sous tension.

Wire - Silver/Lead cover albumAussi à l’écoute de  Short Elevated Period, le quatuor anglais  retrouve ce fameux mur du son aux guitares acérées, sous couvert de rythmes martiaux. En ouverture, Playing Harp For The Fishes est un bon titre à l ‘ambiance lourde, mais trop proche de ce que le groupe a déjà pu faire par le passé.

Secondaire, avec son hommage appuyé au Get It On de Marc Bolan,  Diamond In Cups  suivi de  Forever & A Day  peinent sérieusement. Le groupe donne l’impression de conduire une Porsche mais en version automatique.

La suite n’est guère plus emballante, Wire se contentant  du minimum sur  An Alibi et Sonic Lens. Et la  présence d’une guitare acoustique et d’instruments à cordes- on connait la passion de Colin Newman pour la folk anglaise traditionnelle- n’y changeront rien. Quant au chant, il s’oriente tantôt vers des contours narratifs à la prononciation syllabique ou se pare d’une approche plus mélodique. C’est dans ce registre qu’il reste le plus convainquant

L’étincelle, nous la retrouvons sur les deux derniers titres de l’album. Le rythme chaloupé de  Swing On The Wings  enlace une mélodie imparable. Touchant et encrés dans une modernité qui les rapproche du coup de The Notwist, le groupe de Colin Newman rassure quant à sa capacité de se renouveler et gagne en souplesse et élasticité mélodique. En clôture Silver/Lead, qui donne son nom à l’album, convoque les guitares version Swell, pour un bijou de mélancolie. Pour au final un disque honnête, que l’on espère transitoire.

Mathieu Marmillot

Wire – Silver/Lead
Label: Pinkflag / Differ-ant
Sortie : 31 mars 2017

En concert le 12 Mai à Paris, La Maroquinerie.

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