Les Petites Victoires – Yvon Roy

Comment réagit-on quand on vient d’être papa pour la première fois et qu’on découvre que son fils est autiste ? C’est ce que raconte Yvon Roy avec ce récit touchant et lumineux contre la fatalité.

Les petites victoires – Yvon Roy

Marc vient d’avoir son premier fils, ce qui fait de lui un père comblé. Mais Olivier grandit et ses parents se rendent compte que quelque chose cloche. Tel un éclair dans un ciel d’azur, le diagnostic tombe : Olivier est autiste. Leur couple n’y survivra pas, mais Marc a conservé avec son ex-femme une bonne relation, ce qui va leur permettre d’extirper leur fils de sa cage de verre à coup de « petites victoires »…

Les petites victoires – Yvon RoyJulie Dachez nous l’avait expliqué dans La Différence invisible, paru il y a un an chez Delcourt, l’autisme peut recouvrir plusieurs formes. Elle-même décrivait de façon « humoristique » le syndrome Asperger dont elle était atteinte. De la même façon, Yvon Roy a choisi de traiter ce récit autobiographique sur un mode léger et sans pathos, alors que contrairement à Julie Dachez, l’autisme de son fils était beaucoup plus aigu au départ, menaçant gravement son équilibre psychologique et par ricochet son adaptation sociale.

Avec sobriété et une certaine dose de poésie, l’auteur québécois nous narre son expérience en évitant l’auto-apitoiement, ce qui est déjà fort appréciable. En outre, son témoignage va à l’encontre de tous les clichés sur l’autisme, démystifiant gentiment les méthodes éducatives prétendument adaptées du milieu socio-médical.

A force d’abnégation et de courage – et il en fallait pour affronter les crises récurrentes de son fils -, le père, refusant de se résigner, réussit progressivement à briser, avec son intuition créative, la cage de verre dans laquelle la chair de sa chair semblait devoir être cloitrée à vie. Son récit pourrait fort bien faire référence et redonner espoir à tous les parents dans le même cas. C’est magnifiquement raconté, les personnages et les situations sont justes. Petit à petit, on voit Olivier prendre goût à la vie, et parallèlement le redonner à son père, plus vivant que jamais, ravi d’apprécier enfin une complicité inattendue avec ce fils différent et néanmoins attachant. Le dessin, sobre et délicat, traduit bien l’état d’esprit du narrateur.

Les Petites Victoires constituent un récit revigorant, une admirable leçon de vie qui prouve qu’il n’y jamais de fatalité face à ce type de situation, et par la même occasion, nous fait relativiser, nous les « bien-portants », nos petits tracas du quotidien.

Laurent Proudhon

Les Petites Victoires
Scénario & dessin : Yvon Roy
Editeur : Rue de Sèvres
160 pages – 17 €
Parution : 10 mai 2017

Les Petites Victoires – Yvon Roy – Extrait :

Les petites victoires – Yvon Roy

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Feriel
Invité
Feriel

Comparer la bande-dessinée de Julie Dachez à une bande dessinée où un père abuse de son fils… Cela me rend malade…
S’il vous plaît, renseignez-vous avant de faire de la publicité pour une œuvre aussi dangereuse pour nous, autistes. Il y a le #BOYCOTTLesPetitesVictoires sur Twitter, allez lire ce qu’on y poste, s’il vous plaît.
Ne faîtes pas passer Les Petites Victoires pour une œuvre saine, des autistes meurent du comportement d’Yvon Roy vis-à-vis de son fils. (indirectement puisque c’est par le suicide, mais cela n’excuse rien)

Feriel
Invité
Feriel

Bonjour Monsieur Proudhon, Désolé, je venais de sortir de ma lecture, j’étais peut-être un peu trop énervé. Ne pas comprendre ce qu’il y a de problématique dans cette bande-dessinée ne fait en rien les neurotypiques des personnes « imbéciles » tout d’abord. Il s’agit simplement d’un manque de connaissance. Un manque de savoir n’est en rien comparable à de la bêtise, tant que l’on n’est pas mené à parler d’un sujet sur lequel on manque d’informations. =) Désolé, je vais superposer mon vécu un peu. Mais c’est un vécu de concerné. Le premier problème de cette bande-dessinée, c’est que l’on part d’un… Lire la suite »

michel
Invité
michel

Bonjour je voudrais que Feriel comprenne qu’il ne représente pas l’autisme à lui tout seul, la plus part des autistes sont non verbaux, ne peuvent de ce fait exprimer les frustrations qui souvent les dévorent, les autistes ont un taux d’handicap de 80%,ils sont dépendants dans les gestes du quotidien, ils ne peuvent pas situer une douleur lorsqu’ils souffrent, le manque de diagnostique lors des consultations médicales fait que l’espérance de vie des autistes est de 54 ans(docteur Saravanne) il y a beaucoup à faire dans la communication dès le plus jeune âge des enfants autistes pour qu’ils puissent communiquer… Lire la suite »