Girls Rock : besoin de personne pour choisir leur vie !

Comme dans bien d’autres domaines, la musique et a fortiori le rock demeure encore le pré-carré des hommes. Le talent des filles n’est pas en cause car elles en débordent ! Sophie Rosemont dans Girls Rock nous remémore les pionnières, nous dévoile les personnalités hors du commun de ces artistes féminines qui ont su nous faire vibrer grâce à leur art.

Sophie Rosemont
Crédit : Patrice Normand

Soufre et testostérone, telles sont les effluves du rock ! Bénéficiant d’une moindre médiatisation, les Patti Smith, Chrissie Hynde, Debbie Harry et autres consoeurs sont reléguées plus ou moins loin dans nos esprits tandis que l’on se remémore d’emblée Elvis le King tout de cuir vêtu ou un Jagger animal avec les Stones.

Peu réputé pour son féminisme, le milieu musical laisse aux filles un espace d’expression relativement restreint. Pourtant, nombreuses sont celles à avoir réalisé leurs rêves !  Empoigner une guitare, une basse, monter sur scène, vocaliser, vociférer, rapper, des PJ Harvey, Courtney Love, Marianne Faithfull, Véronique Sanson l’ont fait.  Même si elles ont dû toutes ou presque batailler durement pour se faire une place et être reconnues par leurs pairs et le public.

girls rockShirley Manson, membre du groupe Garbage, dans la préface dit ceci : « les femmes sont toujours jugées plus sévèrement. Elles doivent exceller, travailler davantage….Celles assez chanceuses pour être considérées comme des artistes par l’establishment, ont tendance à être perçues comme « bizarres »

Grâce à Sophie Rosemont, on découvre (ou redécouvre) des artistes au caractère bien trempé, touchantes et fascinantes à la fois. Notamment une Sister Rosetta Tharpe qui fut  la première femme à gratter une guitare électrique dans les années 30. Il fallait une bonne dose de culot, de hargne et de courage pour évoluer dans une Amérique raciste où le foyer restait la place privilégiée des femmes.

La journaliste qui collabore à de nombreux médias (Rolling Stone, Les Inrocks, Vanity Fair, La Dispute sur France Culture) nous transmet sa passion et son attachement pour ces femmes hors du commun.
Evitant le schéma classique chronologique et un ennui éventuel pour le lecteur, Sophie Rosemont a réuni les Girls Rock par « tribu » : « les cavalières en solitaires », « le capitaine est une femme », « muses mais trop », « briseuses de cœurs » etc…, mettant en évidence une sororité, une solidarité visible ou invisible entre ces musiciennes.

Sur les chemins tortueux de leur existence souvent cabossée, on suit leur parcours artistique jalonné par des écueils et des démons qui ont pour certaines fini par les emporter, telle Janis Joplin ou  Amy Winehouse.
Si les artistes anglo-saxonnes ont la part belle dans cet ouvrage, nos artistes françaises ne sont pour autant pas oubliées : Catherine Ringer, Valérie Lagrange, Catherine Ribeiro. Les nouvelles figures de la scène française comme Fischbach ou Clara Luciani évoquent par ailleurs leurs muses féminines, leurs inspiratrices.
Chaque chapitre a sa bande-son qui révèle de vraies pépites comme Karen Dalton à la voix poignante, vrai coup de cœur personnel.

Girls Rock ne se veut pas manifeste féministe. C’est un beau témoignage de l’importance du rôle qu’ont joué ou jouent encore ces femmes dans l’histoire du rock.

Sandrine Mocquet

Girls Rock
Essai de Sophie Rosemont
Préface de Shirley Manson
324 pages – 20€
Editeur : Nil
Date de parution : 14 mars 2019

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