5+5 = les disques préférés de Garden With Lips (Gildas Secretin)

Pelissandre, quatrième album de Garden With Lips pourrait être un beau prétexte pour vous pour découvrir la discographie d’un artiste passionnant ainsi que les productions de son label L’église de la petite folie. Gildas Secretin nous fait découvrir ce qui l’anime musicalement.

© Matthieu Dufour

Cela fait longtemps chez Benzine Magazine que l’on aime les productions du label brestois L’Eglise de la petite folie, que ce soient les travaux de leur démiurge Arnaud Le Gouëfflec, ceux de John Trap ou de Centredumonde. Chacun des artistes de ce label se joue des querelles de clocher et se distingue par un particularisme déviant assumé. Explications en musique avec Gildas Secretin alias Garden With Lips sur ce qui constitue l’identité sonore de son projet.

5 disques du moment :

OtzekiBinary Childhood
J’ai découvert ce disque via la chanson True love  chez Pascal et Jérôme. Bon gros son bien love.
Toujours cette recette de l’épure, avec un super timbre de voix et des montées bien comme il faut. Vu à la Maroquinerie, bluffant.

ModeratModerat
J’aime beaucoup Apparat, j’aime beaucoup Modeselektor, mais je suis passé à côté de Moderat. Je me rattrape. Une bonne petite electro, calme et mélancolique, avec ce qu’il faut de lumière parfois pour monter un cran au-dessus.

Agar agarThe dog and the future
Sympa le nouveau Agar agar, ça me fait des fois penser à Soko dont j’avais bien aimé le I thought i was an alien . Une liberté de ton.bC’est léger, bien vu, on hoche la tête en rythme, bonne énergie.

Remi ParsonArrière pays
Remi Parson retrouve ses ingrédients préférés et nous concocte des plats encore un peu plus dark. Dark pop wave, ça existe ? Des boucles entêtantes, des riffs splendides et toujours ces petits uppercuts si bien trouvés, ces petites phrases qu’on aimerait avoir écrites avant lui.

CentredumondeTigre avec état d’âme
J’ai la chance d’écouter le prochain album de Joseph Bertrand puisque je travaille sur son artwork. C’est du lourd. Sens de la mélodie imparable, textes impeccables, toujours à cheval entre de la poésie sublime et une observation très crue des sentiments, de l’amour, de notre époque, de la vie quoi.

5 disques pour toujours :

Serge GainsbourgMelody Nelson.
« Disques pour toujours ». Ces disques dont on ne se lasse jamais, déjà écoutés 1000 fois, 10 000 fois, et qui nous font toujours le même effet, on les aime encore, voir encore plus. Il y a forcement une connexion entre le son et nos atomes, ou notre ADN, est-ce chimique ? est-ce tantrique ? mystère, mais ça colle. J’avais acheté l’intégrale de Gainsbourg aux Puces de Saint-Ouen et je découvrais petit à petit, chronologiquement, l’étendu de son répertoire. 1971, Melody Nelson : deux morceaux longs, qui ouvrent et ferment le disque, morceaux lents qui prennent le temps, de poser l’ambiance, d’en explorer le centre et les contours, de développer une identité fascinante. Entre les deux, un instrumental chouette avec Jane qui rigole, mais surtout 3 chefs-d’œuvre de poche et un chef d’œuvre tout court (Hotel particulier). Histoire intime, chuchotée à notre oreille, bande son organique, charnelle, tellement bien amenée, tellement bien conclue. Et cette guitare ! ces cordes ! Un disque sublime de délicatesse, qui met la barre très haut.

Lou ReedBerlin.
C’est compliqué de résumer mon amour pour Lou Reed en un seul disque, compliqué aussi de ne retenir aucun album du Velvet, mais Berlin  contient des chansons écrites du temps du Velvet (au moins 4 à ma connaissance) alors ça équilibre. C’est un disque qui raconte une histoire d’amour voué à l’échec entre deux losers magnifiques, avec toute une palette de sentiments différents extrêmement bien rendus et avec, à mon goût, les plus beaux arrangements de la discographie de Lou Reed. C’est aussi un des rares disques où Lou a une voix différente sur chaque morceau, qu’il interprète du point de vue de ses différents protagonistes. Chaque chanson est un classique, un canon. Il reste mon number one tous styles confondus.

The CureSeventeen seconds.
Pour moi c’est le disque où les Cure trouvent leur formule. Three imaginary boys  était énorme, mais tout comme en cuisine, on sent que la bande déniche ici son vrai style, son plat signature. Mélancolique, aride, à l’os. La nudité du disque le rend encore plus touchant, plus brillant, émouvant et essentiel. Un peu comme un XX avant l’heure : pas un son en trop et en même temps rien ne manque. Faith prolonge super bien cette expérience, on en sent déjà les racines dans In your house, Three et At night qui pourraient tout à fait figurer dessus, tout comme Other voices  pourrait figurer sur Seventeen Seconds.

Dominique AAuguri
Dominique A c’est la découverte d’une nouvelle façon d’écrire, de conter une histoire, de poser sa voix. Sur ce disque on trouve aussi une certaine simplicité dans les arrangements, il privilégie l’épure comme pour ne pas surcharger une alchimie déjà parfaite et précieuse. 14 chansons 14 tableaux : un voyage qui commence sur les chapeaux de roues, puis on glisse doucement dans l’envers du décor, cloué dans l’écoute, on y croise beaucoup de bribes d’histoires, de souvenirs, d’images, décrites un peu comme du Camus, puis une énergie folle, viscérale, alliée à des moments d’humour, d’extrême douceur, de mélancolie profonde. Indispensable.

Benjamin BiolayTrash Yéyé
Le Boss. L’album impeccable.
Arrangements magnifiques, paroles infaillibles, arrachent-cœur, chaque chanson retourne tout, délite la concurrence. C’est du haut de gamme et en parler ne ferait qu’écorcher tout le bien que j’en pense.
D’ailleurs d’autres le font mieux que moi Number two pour la vie, quoi qu’elle me réserve (à moins que Mr B en décide autrement …).
On pourrait lancer une autre +5 dans votre série : « Début de chanson que l’on reconnait dès la première seconde »
Trash Yéyé en compte déjà deux pour moi : celui de Cactus concerto  qui me met direct en orbite (et je ne peux plus me concentrer sur autre chose) et aussi les 5 premières notes de piano de Dans ta bouche. Chansons totems, fétiches, que l’on reconnait au premier souffle. Just like heaven  des CureWhat goes on  (live 69) du Velvet, Down by the river de Neil Young, Song#6  de Freak Power, There there  de Radiohead (+ Reckoner  + Idiothèque ), No fun des Stooges, The Devil  de PJ Harvey … mince on n’en finit plus, 5 c’est jamais assez !
Je vais de ce pas m’en faire une playlist !!!

Mai 2019

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