5 + 5 = les disques préférés de Blutch

Rencontre musicale avec le beatmaker français Blutch qui vient de sortir son premier album Terre Promise. Il nous livre dans la foulée  10 albums coup de cour dont certains ont sans doute nourri son inspiration au fil des années.

blutch
© Evan Luven

Il y a Blutch je dessinateur de bandes dessinées, et il y a Blutch le beatmaker. Terre promise, son premier album, mixe avec légèreté et talent, électronica breakbeat, IDM, hip-hop, dessinant au fil des titres des paysages sonores très variés, empruntant des chemins jamais balisés, avec au détour de chaque titre des influences très diverses. Pour accompagner l’événement, on a demandé au Breton de nous parler de quelques albums qui comptent pour lui dans l’actualité récente au cours des décennies passées.

5 disques du moment :

Ineffekt – Kora

Sûrement mon disque préféré de 2021. Incroyable album, rempli de couleurs, de poésie et de joie. C’est une musique très prenante avec des sonorités et des façons d’associer les choses qui me paraissent nouvelles. J’aime énormément presque tous les morceaux, mais mon premier coup de coeur aura été Cascades. Grosse teuf.

Recomposed by Max Richter : Vivaldi, The Four Seasons

Magnifique interprétation de l’intemporel Les Quatre saisons de Vivaldi le chef. Max Richter y ajoute ici une pointe de modernité. Le résultat est somptueux. C’est composé, joué, enregistré, mixé avec une maîtrise et une finesse qui est rare. Les morceaux Spring 1, Automn 3 et Winter 2 me font fondre à chaque fois.

Spillage Village – Spilligion

Très beau projet avec plein de monde, donc des morceaux avec des caractères et esthétiques différentes. Un disque aux influences grandement Hip-Hop, des intrus parfois bien pointues. Des côtés Soul avec des envolées lyriques en chœurs qui sont magnifiques. À mi-chemin entre Erykah Badu, J-Dilla, John Legend, Anderson Paak.

Koreless – Agor

Un disque que je trouve très personnel, un gros travail du son et des voix dont lui seul à le secret. Lui aussi a mis du temps à le sortir son premier album, et ça s’entend. Le morceau White Picket Fence est un pur chef d’œuvre. À écouter fort et avec de bonnes basses.

Pavane – L’échappée

Disque que j’ai réécouté il y a peu et que je trouve toujours aussi magnifique. C’est un mélange entre le classique et la musique électronique de pointe. C’est subtil, puissant et touchant. ” La Danse De Daphnis ” qui ouvre le disque est sublime. Il fait son retour bientôt après quelques années de pause sur son projet. Hâte :)

5 disques pour toujours :

Tycho – Dive

Pour moi, Tycho à sa quintessence. J’ai eu la chance de tomber sur cet artiste grâce à mes vieux copains de Morlaix. Copains avec qui j’ai fait bon nombre de découvertes en musiques électroniques voyageuses. Quand il a sorti ce disque là, ça a été une sacrée claque pour nous, et autant d’années après je trouve qu’il est toujours aussi formidable. Les nappes de synthés sont si enveloppantes et les morceaux si complémentaires et travaillés, qu’ils en font pour moi, un disque maîtrisé de part en part. Un très beau voyage contemplatif du début à la fin.

Nightmares On Wax – Carboot Soul

Même époque de découverte, et quelle découverte ce disque. Une merveille de trip-hop, avec du sampling de qualité comme ont pu en faire Bonobo, DJ Shadow, RJD2 ou Four Tet à cette époque là. Un disque assez planant par moment aussi, mais avec des cotés hip hop très finement amené. Les atmosphères sont formidables. Un groove implacable. De plus, il contient un de mes morceaux préféré au monde : Ease jimi.

Four Tet – There Is Love In You

J’avais déjà vu et entendu le nom de Four Tet, mais c’est le premier long format que j’ai écouté de lui. Il m’a énormément inspiré sur le travail des boucles et du sampling depuis. Album d’une grande finesse ce monsieur, il véhicule beaucoup d’émotions, il est riche, ce qui évidement m’a séduit directement.

Rone – Tohu Bohu

 

Grande révélation cet album. J’ai découvert Rone avec Spanish Breakfast, son album précédent, qui me plaisait déjà bien. Mais celui-là, peut être plus riche en couleurs, a su toucher ma corde sensible. Il m’a familiarisé avec beaucoup de nouvelles sonorités et m’a ouvert la porte à tout un tas de choses depuis. Parade est magnifique, heureux et mélancolique à la fois. Tout ce qu’il faut pour penser à de belles choses.

Jon Hopkins – Singularity

Jon Hopkins a aussi été une grande révélation. Il fait un travail incroyable sur ses textures et ses programation rythmique. Ce sont des choses qui m’impressionnent beaucoup et qui me fascinent. Il est autant capable de faire des balades au piano que d’aller dans des terrains plus costauds.

Blutch –  Terre promise
Astropolis Records – 28 janvier 2022