[Anniversaire] Le Supersonic fête ses dix ans…

Dix ans ! Dix ans déjà que le Supersonic existe. Dix ans pour s’imposer comme LE lieu du Rock à Paris. Là où ça se passe, là où on fait la fête entre amis, là où l’on écoute des artistes et des groupes passionnants, là où, surtout, on découvre les nouvelles tendances, voire même où l’on imagine le futur de la musique. Un anniversaire comme ça, ça se fête !

Im Feeling MEA

Hier soir, comme ça nous arrive au moins une fois par semaine, nous étions au Supersonic. Une petite dizaine d’amis, « concertgoers » acharnés ou occasionnels, venus pour voir et écouter l’un des meilleurs groupes en activité sur la planète, les Montréalais de The Besnard Lakes. Nous sommes arrivés dès 19h, l’heure d’ouverture des portes, nous avons échangé quelques plaisanteries et salutations avec le service d’ordre à l’entrée, qui nous connaît bien, nous sommes passés au bar, et nous avons attendu patiemment, un verre à la main, le premier artiste de la soirée. En refaisant le monde du Rock, devisant entre amis et avec tous ceux autour de nous qui avaient envire de se mêler à notre conversation…

Im FeelingC’était une jeune franco-canadienne, Louisa Rose, dont le set était filmé, qui a ouvert les hostilités, et qui nous a offert quarante minutes d’un indie rock douloureux et passionné, façon Cat Power, prometteur. Ensuite, ce fut le tour de Saint ILY, un nouveau combo parisien avec à sa tête une chanteuse qui semblait américaine (il nous faudra le vérifier). Nous n’en attendions rien, et nous nous sommes pris la plus grosse claque de ce début d’année : un set fascinant, merveilleux, qui comptera sûrement parmi les plus grands moments de 2026. Nos yeux brillaient de bonheur – d’ailleurs nous avons même versé quelques larmes tant c’était beau. Ce qui a relancé les conversations de plus belle, pendant que les désormais vétérans de The Besnard Lakes installaient leur imposant matériel. Puis nous entraînaient dans une courte heure d’un monstrueux et sublime set psyché, lourd, puissant, et troublant.

A 23h15, nous sommes forcément passés au stand de merchandising après avoir traversé difficilement une salle bondée. Il était temps de laisser la place aux noctambules, aux danseurs, aux plus jeunes que nous qui cherchaient un autre type d’expérience. Nous sommes rentrés chez nous, chacun de notre côté, la tête pleine de sons et d’images. Heureux de savoir que, dès demain, si nous le voulions, nous pouvions y revenir. Revenir chez nous. Là où la musique, où le Rock en particulier, HABITE. Et VIT.

Le Supersonic a dix ans et fête son anniversaire. A l’occasion, des soirées spéciales sont organisées, et un livre a été réalisé, qui s’appelle I’m Feeling Supersonic, une référence logique, mais de plus en plus inutile, à une chanson d’Oasis. On peut l’acheter au bar du club, ou via une page web dédiée. On y trouve la liste – interminable – de tous les groupes et les artistes qui y ont joué depuis 2016, parmi lesquels on s’amusera à trouver des noms désormais sinon célèbres, du moins bien connus : des gens comme The Warlocks, The Psychotic Monks, le Villejuif Underground, Crack Cloud, Soccer Mommy, Lene Lovitch, Lydia Lunch, The Fleshtones, Frankie & The Witch Fingers, Death Valley Girls, Fat Dog, Heavy Lungs, et bien d’autres. On y revit l’expérience « Take Me Out » de la période Covid, on y lit de nombreuses citations de musiciens enchantés par l’expérience scénique qu’ils y ont vécu, on y voit des dizaines de photos qui témoignent du plaisir pris, de la folie joyeuse de nombre de soirées. Avec un peu de chance, certains d’entre nous s’y reconnaîtront au détour d’une page : en train de danser, de pogoter, de chanter, de rire,… de VIVRE.

Super StrikeBien sûr, tout le monde n’aime pas le Supersonic. « Le son n’est pas bon » : ce n’était pas faux, et l’équipe du Supersonic a investi pour qu’il soit désormais impeccable, aussi bon, voire désormais meilleur que dans certaines salles plus… « nobles ». « On tombe sur la scène quand ça bouge trop » : des crash barriers ont été installées, puis pérennisées, fournissant désormais un confort total au public comme au groupe, protégé de la folie des moshpits éventuels. « On entend trop souvent les conversations de gens qui sont juste là pour boire un verre, pas pour écouter de la musique » : pas faux, un artiste folk seul à la guitare acoustique pourra parfois souffrir du manque d’attention et du bruit de fond, il faut l’admettre. « Il n’y a pas de lumière… » : bon, là, on est obligés de concorder sur ce fait que, de manière finalement inexplicable, les musiciens jouent dans une quasi obscurité pénalisante pour tout le monde, pour eux comme pour nous, le public. C’est bien là le seul point noir qui reste, dans une salle qui a su prendre en compte les critiques et s’améliorer au fil des mois et des années. La récente réorganisation des étages en a été une nouvelle preuve.

Mais ce qui importe surtout, c’est la… PROGRAMMATION. Car, depuis quelques années, on peut voir chaque semaine, au Supersonic, en moyenne au moins deux ou trois groupes qui sont des « gens qui commencent à compter », voire qui sont déjà « aux portes de la célébrité ». Au Supersonic, on peut donc découvrir au jour le jour la « nouvelle musique » en train de naître, dans un flux ininterrompu de surprises, d’émerveillement, d’excitation, de… déceptions parfois, ce qui est inévitable.

Nous avions déjà parlé, il y a quelque temps, de la chance que Paris a d’avoir désormais une salle comme le Supersonic, ouverte tous les soirs, sans entrée payante, où il se passe toujours quelque chose. Une salle qui joue, dans les grandes lignes, le rôle qu’a pu jouer le Marquee Club à Londres dans les années 60, ou le CBGB’s à New York dans les seventies. Un rôle qui est chaque jour plus important, et qui permet à Paris de se maintenir, avec Londres et New York, dans le peloton de tête des capitales du Rock.

Longue vie au Supersonic !

Eric Debarnot

I’m feeling… Supersonic
144 pages – 20€

En vente au bar du Supersonic, ou en suivant le lien :
I'm Feeling Supersonic: 10 ans de musique live !

Le Supersonic fête ses 10 ans du 5 au 8 février : https://linktr.ee/10anssupersonic
Du février 6 / 23h00 au février 7 / 6h00 : après les concerts au club, place à la nuit « I’m Feeling Supersonic » !

Le Supersonic – 9 rue Biscornet – 75012 Paris (Métro Bastille)

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