Jeudi soir colérique mais souriant au Supersonic, avec un passage surprise des excellents Coach Party, qui nous ont une fois de plus régalés avec leur musique mélodique et puissante.

Encore une surprise, dont on ne saurait dire si elle est bonne ou mauvaise, le passage de nos chers Coach Party au Supersonic en ce jeudi de vacances d’hiver. Un groupe qu’on se réjouit de revoir sur une scène parisienne, mais dont la maturité devrait signifier qu’il peut jouer dans une salle bien plus grande. En tous cas, nous ne saurions manquer ça !
Nous ne commenterons pas la toute première partie de la soirée, un groupe parisien à notre avis pas encore capable d’offrir un set écoutable, même en tout début de soirée. Des chansons sans intérêt, des vocaux terribles (une caractéristique malheureusement courante en France) et des musiciens qui ne sont absolument pas au point, multipliant les fausses notes et les plantages. Même si la famille et les amis massés devant la scène ont applaudi, tout cela était très embarrassant, et ne devrait pas se produire aujourd’hui dans une salle de la réputation du Supersonic.
21h00 : The Tommy Crystal monte sur scène : il s’agit d’un quatuor franco-américain, dont le nom fait référence à un « cristal » mystérieux que Paige Brubeck, la chanteuse / guitariste affirme porter. Paige et le batteur Evan viennent donc des USA, et ont recruté deux musiciens parisiens pour compléter leur formation. Ils en sont à leurs débuts, et viennent seulement de publier un premier single, Reservations, qu’ils joueront ce soir au milieu d’une setlist parfois intrigante, mêlant des références 80’s et 90’s. Paige a une sacrée présence sur scène (on peut se la représenter comme une sorte de Debbie Harry de notre époque), elle chante bien des mélodies sucrées, posées sur une musique nerveuse, empruntant des formes variées. Dans ce genre de « salade russe », il y a du bon et du moins bon, et on est parfois un peu perdu devant une musique qui n’a pas encore trouvé exactement sa personnalité. Il reste que l’énergie est là, la bonne humeur aussi, et qu’on passera quarante minutes très divertissantes en compagnie de Paige et ses « boys ». Clairement un groupe à suivre, qui pourrait nous surprendre.
22h00 : Gros plaisir de retrouver en face de nous le quatuor anglais de Coach Party – dont on aurait pensé qu’il aurait pu attirer plus de monde, mais l’effet « vacances scolaires » est sans doute à blâmer ! Coach Party, rappelons-le pour les distraits ou ceux qui auraient raté les précédents épisodes, c’est un groupe de l’Ile de Wight qui ne joue pas de rock anglais, ni même de post-punk, mais dont les influences sont plutôt à chercher du côté de l’indie rock US des 90’s, Pixies et Breeders en premier lieu. Un groupe avec deux filles très en colère en première ligne, ce qui, heureusement, n’exclut ni les sourires, ni un évident plaisir de jouer. Et aussi deux garçons, un peu retrait mais tous deux talentueux, l’un à la guitare solo qui effectue un travail spectaculaire, et l’autre à la batterie, totalement déchaîné pendant tout le set.
On démarre avec Do It For Love, l’ouverture du dernier album, Caramel, paru en 2025 : un titre où Jess Eastwood s’essaie avec succès au spoken word, et qui voit donc Coach Party infléchir sa trajectoire et s’intégrer, un peu, dans les derniers courants outre-Manche. Mais, pas d’inquiétude, on ne parle pas d’effet de mode non plus, car la rage du groupe reste inentamée. On a même le sentiment – peut-être parce qu’on avait oublié leurs derniers sets – que leur musique est devenue encore plus violente. Et puissante. Moins mélodique peut-être, plus proche de la tuerie radicale : un Disco Dream, par exemple, ne laisse derrière son passage que des ruines fumantes !
Bon, pas d’inquiétude quand même pour ceux qui aiment les mélodies pop, des titres comme Control ou Georgina, deux des sept extraits de Caramel interprétés ce soir, restent parfaitement jouissifs. Mais, sinon, globalement, ce set, plus bref que normalement avec ses guère plus de 45 minutes, nous aura surtout donné la sensation d’une grande violence… ce qui n’est pas pour nous déplaire. Le tout nouveau single, Nurse Depression, est d’ailleurs particulièrement intraitable ! Il n’y a bien qu’un seul morceau, Fake It, qui verra le groupe relâcher la pression…
Evidemment, le « mini-tube » All I Want To Do Is Hate reste un grand moment pour les fans, l’occasion de hurler avec le groupe, et la dernière ligne droite du concert, avec le classique FLAG et un furieux Girls pour finir en beauté, sera imparable. Et les musiciens de Coach Party quittent la scène, avec leur habituels grands sourires, et la chaleur qui se dégage d’eux, qui contrebalancent plaisamment la brutalité de leur musique.
On espère les revoir très vite, et, bien entendu, dans une salle « payante », ce qui serait plus logique compte tenu de leur trajectoire, et de la qualité de leur musique, désormais bien établie.
The Tommy Crystal : ![]()
Coach Party : ![]()
Eric Debarnot
Photos : Robert Gil
Coach Party et The Tommy Crystal au Supersonic (Paris)
Production :
Date : le jeudi 26 février 2026
Leurs derniers disques :
Coach Party – Caramel
Label : Chess Club Record
Date de parution : 26 septembre 2025
The Tommy Crystal – Reservation (single)
Date de parution : 23 janvier 2026
